Faculté des lettres et sciences humaines

Des migrants face aux restrictions du droit d'asile en Suisse [Ressource électronique] : analyse des ressources et stratégies des personnes frappées de non-entrée en matière en ayant sollicité l'aide d'urgence dans le canton de Genève

Senarclens, Clément de ; Dahinden, Janine (Dir.)

Mémoire de diplôme universitaire : Université de Neuchâtel, 2007.

Ce travail de mémoire de licence porte sur les stratégies mises en oeuvre par de personnes frappées d’une décision de non-entrée en matière (NEM) ayant sollicité l’aide d’urgence dans le canton de Genève. Il part du postulat que malgré la précarité de la situation dans laquelle sont placées ces migrants, ils sont néanmoins en mesures de mobiliser certaines ressources afin de... Plus

Ajouter à la liste personnelle
    Résumé
    Ce travail de mémoire de licence porte sur les stratégies mises en oeuvre par de personnes frappées d’une décision de non-entrée en matière (NEM) ayant sollicité l’aide d’urgence dans le canton de Genève. Il part du postulat que malgré la précarité de la situation dans laquelle sont placées ces migrants, ils sont néanmoins en mesures de mobiliser certaines ressources afin de faire face aux contraintes de cette situation. Cette recherche se base principalement sur trois études de cas issues d’une observation participante d’une durée approximative de sept mois, ainsi que sur des entretiens avec des personnes frappées de non-entrée en matière. Une des principales stratégies identifiées lors de ce travail est le recours à l’aide d’urgence offerte par les cantons. Néanmoins cette stratégie implique aussi des lourdes contraintes, dont la plus grande est la crainte d’expulsion qu’elle fait planer sur les personnes qui la sollicitent. De ce fait, elle est principalement employée par des personnes moins susceptibles de se faire renvoyer (par exemple par des personnes provenant de pays n’ayant pas signé d’accord de réadmission avec la Suisse), ou qui, malgré la possibilité d’expulsion ne sont pas en mesure de subvenir à leur besoin d’une autre manière. D’une manière générale, il ressort de cette recherche que les ressources et stratégies qu’ont à disposition les personnes frappées de NEM leur permettent surtout de survivre dans un état de précarité, sans pour autant leur permettre d’améliorer durablement leur situation. Les personnes interviewées ne semblaient pas même en mesure de trouver un travail au noir, et de subsister dans la clandestinité, devant se contenter de l’aide minimale qui leur était fournie, et d’apprendre à vivre avec la crainte perpétuelle de l’expulsion. Une des seules stratégies pouvant leur permettre d’accéder à un statut moins précaire (en dehors du recours juridique très difficile à mettre en oeuvre) consiste à se marier avec une personne établie légalement en Suisse, ce qui est néanmoins rendu particulièrement difficile par l’isolement social et la précarité économique dans laquelle ils se trouvent.