La microfinance doit-elle être subventionnée ?

Wyssen, Olivier ; Ferro Luzzi, Giovanni (Dir.)

Mémoire de diplôme HES : Haute école de gestion de Genève, 2007 ; TDEE 55.

Ce travail de diplôme tente d’apporter une réponse sur la nécessité ou non des institutions de microfinance à être subventionnée. Il parcourt le marché du crédit pour en assimiler les bases théoriques qui sont notamment le problème d’asymétrie d’information. Cette asymétrie oblige les banques à évincer les emprunteurs pauvres considérés comme trop risqués car ne... Plus

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    Résumé
    Ce travail de diplôme tente d’apporter une réponse sur la nécessité ou non des institutions de microfinance à être subventionnée. Il parcourt le marché du crédit pour en assimiler les bases théoriques qui sont notamment le problème d’asymétrie d’information. Cette asymétrie oblige les banques à évincer les emprunteurs pauvres considérés comme trop risqués car ne présentant aucune garantie. La microfinance vient alors réduire cette discrimination en remplaçant cette carence en garantie par des outils alternatifs et adaptés à la situation locale. En particulier par le concept du prêt de groupe qui mutualise les risques entre emprunteurs. De surcroit, la microfinance ne fait pas que d’apporter des outils alternatifs et adaptés au marché local mais apporte aussi réellement des effets bénéfiques pour la société, dont les plus importants sont la réduction des inégalités et de l’exclusion du système bancaire des populations démunies. De plus, elle fait partie intégrante des vastes programmes de lutte contre la pauvreté lancés par des organismes tel que le FMI, la Banque mondiale ou encore l’ONU. A savoir si elle répond réellement à un besoin lattant, le constat de la considérable croissance du secteur de la microfinance en dix ans est éloquent. Malgré cela, les objectifs sociaux des institutions de microfinance leur permettent difficilement d’atteindre une certaine rentabilité ce qui les obligent à être constamment subventionnées par des ONG et ou des organisations multi ou bilatérales. Ainsi, les débats sont récurrents entre les partisans du subventionnement et ceux qui privilégient l’absence de toutes interventions externes. En effet, certains programmes de subventionnement se sont révélés très vite catastrophiques ce qui a porté un sérieux doute sur leurs efficacités. D’un autre côté, certaines institutions de microfinance, fortement subventionnées durant leur cycle de vie, sont arrivées à ne plus en dépendre en traitant uniquement avec des investisseurs privés. De ce fait, si elles n’avaient pas pu bénéficier d’aides pendant ces phases critiques, elles ne pourraient pas arriver à ce stade et prouver au monde entier que la microfinance peut être rentable tout en ciblant les populations les plus pauvres. Des subventions positives sont par exemples la faculté de comprendre que des personnes, aux besoins fondamentaux absents, ont davantage besoins de dons alimentaires que de pouvoir contracter un emprunt. Mas ce sont aussi les aides qui empêchent de répercuter les coûts élevés des institutions naissantes sur leurs clients, celles qui subventionnent explicitement les pauvres qui contractent des prêts de petites tailles aux frais fixes importants que l’IMF n’arrive pas à couvrir, ou encore celles qui encourages le marché commercial à s’intéresser à la microfinance. En s’appuyant sur diverses analyses personnelles et sur celle de la littérature, les subventions au sein de la microfinance se dévoilent comme un puissant vecteur d’orientation vers les populations les plus pauvres, vers la rentabilité et l’efficience tout en apportant un regain considérable dans l’amélioration et le développement de la société.