Economie d'entreprise - Betriebsökonomie

Dans une optique de développement durable, les centres-villes peuvent-ils fonctionner sur le modèle d’un « centre commercial à ciel ouvert » ? : Etude du cas de la ville de Nyon

Solioz, Murielle ; Clivaz, Christophe (Dir.)

Mémoire de diplôme HES : Haute Ecole de Gestion & Tourisme, 2007.

Aborder la redynamisation de la ville de Nyon et de son activité commerciale, c’est se heurter à la problématique générale de dévitalisation des centres-villes. Le phénomène s’observe en effet dans la plupart des agglomérations européennes, voire même au-delà. L’étude de ce sujet est passionnante, car très actuelle. Le thème est également universel, puisqu’il traite en... Plus

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    Résumé
    Aborder la redynamisation de la ville de Nyon et de son activité commerciale, c’est se heurter à la problématique générale de dévitalisation des centres-villes. Le phénomène s’observe en effet dans la plupart des agglomérations européennes, voire même au-delà. L’étude de ce sujet est passionnante, car très actuelle. Le thème est également universel, puisqu’il traite en grande partie du commerce de détail, marché sur lequel nous sommes tous des acteurs. Dans ce travail, je traite largement de l’évolution du marché de la distribution, afin de saisir les causes qui ont induit la situation actuelle de dévitalisation des centres-villes. Cette étude approfondie m’a été indispensable pour appréhender le sujet et en tirer les enseignements nécessaires afin d’être en mesure de proposer des solutions concrètes. Mon travail s’inscrit dans une étude interdisciplinaire coordonnée par une association à but non lucratif, Usine211, qui remettra une synthèse des travaux réalisés par des étudiants de diverses disciplines (géographie, urbanisme, architecture, sociologie, etc.) aux mandants de ce travail, à savoir la municipalité et la Société Industrielle et Commerciale de Nyon. Le dossier final qui leur sera délivré traitera ainsi en profondeur de l’ensemble des mesures susceptibles de redynamiser le centre-ville de Nyon. Ma première constatation est qu’il est difficile d’échapper à une globalisation de la consommation dans un contexte d’internationalisation (fusion des grands groupes de distribution, levée progressive des barrières douanières, etc.). Il faut cependant remonter aux « Trente Glorieuses » de l’après-guerre afin de comprendre comment est née la situation qui préoccupe actuellement la majorité des centres-villes. Dans un contexte de reconstruction et de « baby-boom » on se souciait en effet davantage du confort présent que de la durabilité. La consommation et le secteur du bâtiment avaient le vent en poupe. Les villes devenant trop étriquées pour loger l’ensemble de la population, il paraissait judicieux de miser sur la construction dans les zones de périphéries. Les distributeurs profitèrent également de l’espace disponible dans ces zones pour s’implanter au plus près de la clientèle qui migrait aux frontières de la ville. Enfin, l’importance croissante de l’automobile et des réseaux routiers vint parachever cette tendance à l’étalement des villes. A ce jour, force est de constater que ces années ont été marquées par un laisser-faire certain, dont on commence aujourd’hui à payer le prix. Dans bien des domaines, on cherche donc à inverser la tendance et à instaurer une politique de croissance plus raisonnable et davantage maîtrisée. Ce phénomène est notamment visible au travers des nouveaux plans d’aménagement du territoire, de la volonté d’encourager l’utilisation des transports communs, de freiner le règne de l’automobile et de restituer les rues aux piétons, ainsi que de la conscience écologique qui semble s’éveiller chez les consommateurs (secteur des produits biologiques à la hausse en Suisse). Dans ce contexte, les villes souhaitent se réapproprier leur image et réaffirmer leur attractivité en se donnant les moyens d’offrir un haut potentiel de qualité de vie aux usagers qui la fréquentent. Leur tâche est cependant complexe et ample : - la qualité de l’environnement (visuel, sonore, olfactif) de la ville doit être améliorée, notamment par des mesures d’urbanisme, de gestion des déchets et de l’énergie - l’activité économique doit être encouragée afin d’assurer à la ville des rentrées fiscales susceptibles d’augmenter le confort de vie des citoyens, et à ces derniers de trouver un emploi - la ville doit maintenir un tissu social dense et varié, et faciliter l’intégration de tous ses habitants et usagers (actifs dans la commune, touristes, visiteurs, etc.) Face à ces constats, des solutions émergent dans de nombreuses agglomérations. En Suisse Romande, on constate notamment l’importance croissante des projets « Agenda 21 » (citons pour exemple Genève ou Lausanne) ou la mise en place de solutions, telles que le City Management ou la gestion de « ville-marque », pour redynamiser le centre-ville. Si diverses solutions existent, il n’y a cependant pas de recette miracle. Chaque ville doit composer avec sa propre identité (richesses historiques et culturelles, population, marché immobilier, structure des emplois, situation géographique, etc.) afin d’instaurer des mesures adaptées à son contexte. La situation observée au centre-ville de Nyon est de fait plutôt encourageante. La ville bénéficie d’une situation privilégiée entre les deux grandes agglomérations de Suisse Romande, Lausanne et Genève. La proximité du lac et de la campagne, ainsi que la petite taille de la cité lui confèrent une image de lieu paisible et convivial. Ces atouts attirent par ailleurs une population de plus en plus nombreuse et le marché immobilier du district de Nyon est en pleine expansion. Cette situation présente cependant des inconvénients, puisque nombre des habitants de la ville travaillent à l’extérieur du district et y effectuent même la majorité de leurs dépenses (difficile de faire ses achats à Nyon en semaine lorsque l’on travaille à Genève jusqu’à 18h).