Faculté des sciences

Pollen dans l’air du Plateau suisse : paramètres climatiques et nouveaux risques pour les allergies

Clot, Bernard ; Küpfer, Philippe (Dir.)

Thèse de doctorat : Université de Neuchâtel, 2007 ; Th.1964.

L'augmentation spectaculaire de la prévalence des allergies au pollen dans les dernières décennies a stimulé le développement de l’aérobiologie. Le but de ce travail consistait à mieux circonscrire les paramètres climatiques et météorologiques qui influencent la saison pollinique, dans une perspective prédictive, à évaluer l’influence du changement climatique sur la saison... Plus

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    Résumé
    L'augmentation spectaculaire de la prévalence des allergies au pollen dans les dernières décennies a stimulé le développement de l’aérobiologie. Le but de ce travail consistait à mieux circonscrire les paramètres climatiques et météorologiques qui influencent la saison pollinique, dans une perspective prédictive, à évaluer l’influence du changement climatique sur la saison pollinique et à déterminer quels pollens pourraient exposer la population à de nouveaux risques dans le domaine des allergies. Une méthode de prévision du début de la saison pollinique a été proposée pour chacun des deux taxons les plus allergisants dans notre pays, les graminées et le bouleau. La maturité des fleurs est modélisée par un cumul de températures et donc prévisible à moyen terme (quelques semaines). La libération effective du pollen dépend des conditions météorologiques à court terme (de quelques heures à deux ou trois jours) et est à considérer comme un phénomène « intra saison ». L’influence du réchauffement climatique sur la végétation et sur la saison pollinique a été mise en évidence. L’intérêt de l’aéropalynologie et de la phénologie comme indicateurs de la réaction de la végétation au changement climatique a été souligné. Les hivers plus doux ont eu pour conséquence un développement de la végétation précoce au printemps, une avance moins marquée des phases estivales et automnales et un allongement de la saison de végétation dans son ensemble de l’ordre de deux à trois semaines. Les tendances concernant le pollen de l’air ont été étudiées pour un grand nombre de taxons, offrant ainsi une vision d'ensemble de la saison pollinique. L’avance du début de la saison est particulièrement remarquable, alors que l’augmentation des quantités de pollen n’est observée que pour certains taxons. Pour les personnes allergiques, la période de risque s’allonge et les seuils de concentrations qui font apparaître les symptômes sont plus fréquemment dépassés. L’intérêt de porter attention à des pollens autres que ceux considérés comme des allergènes majeurs a été souligné. En particulier, l'importance quantitative et qualitative du pollen de charme a été démontrée. En raison de l’importance croissante des allergies dans notre société, il est fort possible que du pollen d’autres plantes indigènes joue à l’avenir un rôle plus important comme cause d’allergies. De plus, que ce soit par l’introduction de variétés ornementales, la migration naturelle d’espèces ou l’installation de plantes envahissantes, l’arrivée de nouveaux allergènes dans l’air est relativement fréquente et vraisemblablement amenée à se poursuivre. La reconnaissance précoce des situations à risque particulier pour la santé humaine, comme les plantes dont l’allergénicité est connue ailleurs, est importante pour permettre de mener à bien des actions de prévention à un moindre coût. L’aéropalynologie s’est avérée très performante pour la prévention, puisqu’elle a permis la découverte de l’arrivée de l’ambroisie dans la région de Genève. Un contrôle des populations d'ambroisie a ainsi pu être mis en place en Suisse à un stade précoce de la phase d'envahissement. Le pollen d’ambroisie a été utilisé comme modèle pour la compréhension des phénomènes de transport à moyenne et longue distance et pour l'évaluation de l'importance relative des sources locales dans l’exposition de la population. Les changements qui interviennent dans notre environnement, provoqués directement ou indirectement par les activités humaines, favorisent la présence et l’augmentation d'allergènes "traditionnels" et celle d’allergènes nouveaux. Une exposition accrue au pollen conduit à un risque d’allergies plus important. Pourtant, dans la mesure où l'être humain est à l'origine de la plupart de ces changements, et que ses activités les maintiennent et les renforcent, on peut espérer que cette évolution n'ait pas un caractère inéluctable et que la tendance pourra être renversée.