Faculté des sciences de base SB, Section de physique, Centre de recherches en physique des plasmas CRPP (CRPP Association Euratom CRPP-AE)

Characterization of electrical discharge machining plasmas

Descoeudres, Antoine ; Hollenstein, Christoph (Dir.)

Thèse sciences Ecole polytechnique fédérale de Lausanne EPFL : 2006 ; no 3542.

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    Summary
    Electrical Discharge Machining (EDM) is a well-known machining technique since more than fifty years. Its principle is to use the eroding effect on the electrodes of successive electric spark discharges created in a dielectric liquid. EDM is nowadays widely-used in a large number of industrial areas. Nevertheless, few studies have been done on the discharge itself and on the plasma created during this process. Further improvements of EDM, especially for micro-machining, require a better control and understanding of the discharge and of its interaction with the electrodes. In this work, the different phases of the EDM process and the properties of the EDM plasma have been systematically investigated with electrical measurements, with imaging and with time- and spatially-resolved optical emission spectroscopy. The pre-breakdown phase in water is characterized by the generation of numerous small hydrogen bubbles, created by electrolysis. Since streamers propagate more easily in a gaseous medium, these bubbles can facilitate the breakdown process. In oil, no bubbles are observed. Therefore, the breakdown mechanism in oil could be rather enhanced by particles present in the electrode gap. Fast pulses of current and light are simultaneously measured during the pre-breakdown. These pulses are characteristic of the propagation of streamers in the dielectric liquid. The pre-breakdown duration is not constant for given discharge parameters, but distributed following a Weibull distribution. This shows that the breakdown is of stochastic nature. After the breakdown, the plasma develops very rapidly (< 50 ns) and then remains stable. The plasma light is particularly intense during the first 500 ns after the breakdown and weaker during the rest of the discharge, depending on the current intensity. While the gap distance is estimated to be around 10–100 μm, the discharge excites a broad volume around the electrode gap, typically 200 μm in diameter. This volume grows slightly during the discharge. Vapor bubbles are generated in water and in oil by the heat released from the plasma. At the end of the discharge, the plasma implodes and disappears quickly. Light is still emitted after the discharge by incandescent metallic particles coming from the erosion of the workpiece. Their temperature is measured around 2'200 K, demonstrating that they are still in a liquid state in the beginning of the post-discharge. The spectroscopic analysis of the plasma light shows a strong Hα and continuum radiation, with many atomic metallic lines emitted by impurities coming from electrode and workpiece materials. The EDM plasma is thus composed of species coming from the cracking of the dielectric molecules (mainly hydrogen in the case of water and oil), with contamination from the electrodes. The contamination is slightly higher in the vicinity of each electrode, and the contamination from the workpiece increases during the discharge probably due to vaporization. The electron temperature, measured from copper line intensities with the two-line method, is found to be low. The temperature is around 0.7 eV (∼ 8'100 K) in the whole plasma, slightly higher in the beginning of the discharge. The electron density has been measured from Stark broadening and shift measurements of the Hα line. The density is extremely high, especially at the beginning of the discharge (> 2·1018 cm-3 during the first microsecond). Then it decreases with time, remaining nevertheless above 1016 cm-3 after 50 μs. During the whole discharge, the density is slightly higher in the plasma center. The EDM plasma has such a high density because it is formed from a liquid, and because it is constantly submitted to the pressure imposed by the surrounding liquid. This extreme density produces spectra with strongly-broadened spectral lines, especially the Hα line, and with an important continuum. During the first microsecond when the density is at its maximum, spectral lines are so broadened that they are all merged into a continuum. The low temperature and the high density of the EDM plasma make it weakly non-ideal. Its typical coupling parameter Γ is indeed around 0.3, reaching 0.45 during the first microsecond. In this plasma, the Coulomb interactions between the charged particles are thus of the same order as the mean thermal energy of the particles, which produces coupling phenomena. Spectroscopic results confirm the non-ideality of the EDM plasma. The strong broadening and shift of the Hα line and its asymmetric shape and complex structure, the absence of the Hβ line, and the merging of spectral lines are typical of nonideal plasmas. The EDM plasma has thus extreme physical properties, and the physics involved is astonishingly complex.
    Résumé
    L'électro-érosion (ou EDM pour Electrical Discharge Machining) est une technique d'usinage bien connue depuis plus de cinquante ans. Son principe est d'utiliser l'effet érosif sur les électrodes d'étincelles électriques successives créées dans un liquide diélectrique. L'électro-érosion est aujourd'hui très utilisée dans un grand nombre de secteurs industriels. Néanmoins, peu d'études ont été menées sur la décharge elle-même et sur le plasma créé pendant ce processus. Les améliorations futures de l'électro-érosion, en particulier pour le micro-usinage, passent par un meilleur contrôle et une meilleure compréhension de la décharge et de ses interactions avec les électrodes. Dans ce travail, les différentes phases du processus d'électro-érosion et les propriétés du plasma ont été étudiées de manière systématique, à l'aide de mesures électriques, d'imagerie et de spectroscopie d'émission optique résolue en temps et en espace. La phase de pré-décharge dans l'eau est caractérisée par la génération de nombreuses petites bulles d'hydrogène, créées par électrolyse. Puisque les streamers se propagent plus facilement dans un milieu gazeux, ces bulles peuvent faciliter le processus de claquage. Dans l'huile, aucune bulle n'est observée. Ainsi, le mécanisme de claquage dans l'huile pourrait plutôt être facilité par des particules présentes dans l'espace inter-électrodes. Des impulsions rapides de courant et de lumière sont mesurées simultanément durant la pré-décharge. Ces impulsions sont caractéristiques de la propagation de streamers dans le liquide diélectrique. La durée de la pré-décharge n'est pas constante pour des paramètres de décharge donnés, mais elle est distribuée selon une distribution deWeibull. Ceci montre que le claquage est de nature stochastique. Après le claquage, le plasma se développe très rapidement (< 50 ns) et reste ensuite stable. La lumière du plasma est particulièrement intense durant les premières 500 ns suivant le claquage et plus faible pendant le reste de la décharge, et dépend de l'intensité du courant. Alors que l'espace inter-électrodes est estimé à environ 10–100 μm, la décharge excite un large volume autour des électrodes, d'un diamètre typique de 200 μm. Ce volume croît légèrement pendant la décharge. Des bulles de vapeur sont générées aussi bien dans l'eau que dans l'huile, dû à la chaleur libérée par le plasma. A la fin de la décharge, le plasma implose et disparaît rapidement. De la lumière est encore émise après la décharge par des particules métalliques incandescentes, provenant de l'érosion de la pièce. Leur température a été mesurée à environ 2'200 K, ce qui démontre qu'elles sont toujours à l'état liquide au début de la post-décharge. L'analyse spectroscopique de la lumière du plasma montre un forte radiation de la ligne Hα et une forte émission continue, avec la présence de nombreuses lignes atomiques métalliques émises par des impuretés provenant des matériaux de l'électrode et de la pièce. Ainsi, le plasma d'électro-érosion est composé d'espèces provenant de la dissociation des molécules du diélectrique (principalement de l'hydrogène dans le cas de l'eau et de l'huile), avec une contamination des électrodes. La contamination est légèrement plus forte au voisinage de chaque électrode, et la contamination venant de la pièce augmente au cours de la décharge, probablement à cause de son évaporation. La température électronique, mesurée à partir des intensités de lignes de cuivre avec la méthode dite two-line method, est basse. La température est autour de 0.7 eV (∼ 8'100 K) dans tout le plasma, légèrement plus haute au début de la décharge. La densité électronique a été mesurée à partir de l'élargissement et du déplacement par effet Stark de la ligne Hα. La densité est extrêmement élevée, particulièrement au début de la décharge (> 2·1018 cm-3 durant la première microseconde). Elle décroît ensuite avec le temps, restant néanmoins toujours au-dessus de 1016 cm-3 après 50 μs. Pendant toute la décharge, la densité est légèrement plus élevée au centre du plasma. Le plasma d'électro-érosion a une densité si élevée car il est formé à partir d'un liquide, et parce qu'il est constamment soumis à la pression imposée par le liquide environnant. Cette densité extrême produit des spectres avec des lignes spectrales très élargies, particulièrement la ligne Hα, et avec une importante radiation continue. Pendant la première microseconde où la densité est à son maximum, les lignes spectrales sont tellement élargies qu'elles fusionnent et ne forment qu'un continu. La basse température et la haute densité du plasma d'électro-érosion le rendent faiblement non-idéal. Son paramètre de couplage Γ typique est en effet autour de 0.3, atteignant 0.45 pendant la première microseconde. Dans ce plasma, les interactions coulombiennes entre les particules chargées sont ainsi du même ordre que l'énergie thermique moyenne des particules, ce qui produit des phénomènes de couplage. Des résultats de spectroscopie confirment la non-idéalité du plasma d'électro-érosion. Le fort élargissement et déplacement de la ligne Hα ainsi que sa forme asymétrique et sa structure complexe, l'absence de la ligne Hβ, et la fusion des lignes spectrales sont en effet typiques des plasmas non-idéaux. Le plasma d'électro-érosion possède ainsi des propriétés physiques extrêmes, et la physique y relative est étonnamment complexe.