Faculté de théologie

Les conciles particuliers dans l'Eglise latine : enjeux des canons 439-446 du code de 1983

Diatezulwa-Mbungu, Faustin ; Aimone, Pier Virginio (Dir.) ; Join-Lambert, Arnaud (Codir.)

Thèse de doctorat : Université de Fribourg, 2006.

Au lendemain de la célébration du Concile Vatican II, lequel avait de nouveau mis en évidence l’aspect collégial et synodal de la vie de l’Eglise, certaines institutions juridiques ecclésiales ont connu une grande vigueur. Ainsi en est‐il des conférences épiscopales et du synode des évêques. En outre, les synodes diocésains, du fait qu’ils consentaient la participation des... More

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    Résumé
    Au lendemain de la célébration du Concile Vatican II, lequel avait de nouveau mis en évidence l’aspect collégial et synodal de la vie de l’Eglise, certaines institutions juridiques ecclésiales ont connu une grande vigueur. Ainsi en est‐il des conférences épiscopales et du synode des évêques. En outre, les synodes diocésains, du fait qu’ils consentaient la participation des laïcs, ont eu un réel succès: les synodes par exemple célébrés en Allemagne et en Suisse dans les années soixante‐dix ont été d’une très grande importance pour ces églises locales. A noter que de nombreux synodes diocésains ont été successivement célébrés en diverses autres églises locales. Par contre, de très vieilles institutions juridiques à caractère synodal tout aussi revalorisées par le Concile ont eu peu de chance et de relief. Il s’agit notamment des conciles provinciaux et pléniers. De fait, au cours des quarante années écoulées depuis la clôture des travaux conciliaires, très peu de conciles provinciaux et pléniers ont été célébrés. Même la doctrine canonistique ne s’est pas trop occupée de ces institutions. La concurrence et le succès des conférences épiscopales semblent en avoir été une cause probable. Mais, depuis quelque temps, on voit se manifester chez les canonistes un réel intérêt sur le sujet, soit à travers certains travaux de dissertations, soit à travers des articles publiés dans des revues scientifiques. C’est dans ce courant que se profile et s’insère le travail de doctorat de Faustin Diatezulwa que nous avons l’honneur de présenter ici. Il s’agit d’un travail de plaidoirie en faveur des conciles pléniers et provinciaux, dont la célébration est souhaitée pour l’entière Eglise catholique mais pour l’Eglise d’Afrique en particulier. On peut en effet souligner les idées que Diatezulwa propose pour la célébration de conciles particuliers (soit plénier, un entier pays; soit provincial, une province ou plusieurs provinces ecclésiastiques, au‐delà de frontières politiques) dans le continent africain, idées qui paraissent plus raisonnables que la célébration d’un concile panafricain. D’une part, soutient l’auteur, cet institut n’est pas prévu par la loi en vigueur, d’autre part il serait plus raisonnable de commencer par des conciles particuliers et pour un premier temps développer ces instituts. C’est vrai qu’ils n’arrivent pas à s’imposer malgré les fondements théologiques des Eglises particulières, qui devraient plutôt les soutenir par rapport aux conférences des évêques, plus efficientes et plus pratiques certainement, mais qui soulignent seulement un aspect de la théologie des Eglises particulières. Diatezulwa propose aussi une thèse de iure condendo qui pourrait mieux souligner le rapport correct entre les églises locales et l’Eglise universelle, entre le droit particulier et le droit universel. Il s’agit de la pratique de la recognitio, à travers laquelle le Siège Apostolique et ses organes exercent un certain pouvoir de contrôle sur l’activité des églises locales, une pratique qui risque de mettre trop en évidence le pouvoir central par rapport à une saine autonomie des réalités locales, qui se fonde sur la juste interprétation et application du principe de subsidiarité. Il invoque plutôt la transformation de la pratique de la recognitio dans une pratique d’information et de communication. La lecture de ce travail pourra sans doute aider à mieux comprendre la synodalité de l’Eglise, de son actualisation effective, de ses limites et des perspectives qui s’ouvrent dans cette dimension, tellement importante pour un sain équilibre dans la vie de l’Eglise, du point de vue théologique, disciplinaire et aussi oecuménique.