Faculté des géosciences et de l'environnement

La nouvelle gouvernance comme moyen d’arbitrage entre les intérêts de développement et de protection du paysage : Le cas du parc naturel régional de Chartreuse

Gerber, Jean-David ; Knöpfel, Peter (Dir.) ; Narath, Stéphane (Codir.)

Mémoire de Certificate of Advanced Studies (CAS) : Université de Lausanne, 2004.

Les parcs naturels régionaux français (PNR) ont pour but de concilier le développement économique d’un territoire avec la préservation de son patrimoine naturel, tout en insistant sur la participation de la société civile. Dans ce travail, nous avons examiné la question de savoir si la nouvelle gouvernance, soit la participation de la société civile et des acteurs économiques aux... More

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    Résumé
    Les parcs naturels régionaux français (PNR) ont pour but de concilier le développement économique d’un territoire avec la préservation de son patrimoine naturel, tout en insistant sur la participation de la société civile. Dans ce travail, nous avons examiné la question de savoir si la nouvelle gouvernance, soit la participation de la société civile et des acteurs économiques aux prises de décision, a un effet positif sur la préservation du paysage du PNR de Chartreuse. L’approche utilisée combine l’analyse de la gouvernance locale avec le cadre d’analyse des régimes institutionnels de ressources naturelles (RIRN). Ce travail a permis de montrer les éléments suivants. Comme le prévoit les RIRN, toute une série d’acteurs qui tentent de s’approprier la ressource gravitent effectivement autour du paysage. La notion de participation entre en conflit direct avec le pouvoir des élus locaux qui rechignent à céder de leurs prérogatives. Cela d’autant plus que beaucoup d’élus voient avant tout dans le parc un instrument de développement économique, ce qui heurte de plein fouet la conception de nombreuses associations, qui peinent toutefois à entrer dans la logique de dialogue qu’implique la gouvernance et se replient souvent dans une logique d’opposition. Cette stratégie n’est pas nécessairement négative pour le paysage, mais conduit à des procédures de recours longues et à une cristallisation des positions plutôt qu’à un processus d’apprentissage collectif, tel qu’il pourrait être imaginé dans une approche participative. Dans le contexte du PNR, la gouvernance apparaît comme une lutte entre différents acteurs pour parvenir à imposer leurs vues. Le parc se passerait bien de la participation du tissu associatif, mais la charte l’y oblige. Cette logique de confrontation peine à garantir la continuité d’approche qui est nécessaire à la protection durable du paysage.