Faculté des lettres et sciences humaines

La corruption à la fin de la république romaine (IIe-Ier s. av. J.-C.) : aspects politiques et fianciers

Rosillo López, Cristina ; Aubert, Jean-Jacques (Dir.)

Thèse de doctorat : Université de Neuchâtel, 2005 ; 1803.

Cette thèse, qui tourne autour de la question de la corruption à l'époque romaine, veut remédier l'absence de travaux qui envisagent la corruption d'un point de vue global. Cette étude couvre presque les deux derniers siècles de la République, depuis la fin de la Deuxième Guerre Punique jusqu'au début de la guerre civile entre César et Pompée (201-49 av. J.-C.). L'élection de cette... Plus

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    Résumé
    Cette thèse, qui tourne autour de la question de la corruption à l'époque romaine, veut remédier l'absence de travaux qui envisagent la corruption d'un point de vue global. Cette étude couvre presque les deux derniers siècles de la République, depuis la fin de la Deuxième Guerre Punique jusqu'au début de la guerre civile entre César et Pompée (201-49 av. J.-C.). L'élection de cette période se explique par le fait que nous voulions analyser la corruption dans le cadre du fonctionnement des institutions républicaines, à une époque où les magistratures, les élections et la vie politique romaine fonctionnaient en toute normalité. Pour cette étude nous avons choisi de définir la corruption, selon les critères énoncés par Malem Seña comme une violation des devoirs liés à une charge, combinée à un profit privée (pas toujours pécuniaire) et prenant place dans un système de normes éthiques qui condamne et approuve l'action. Tout acte de corruption est perçu, au moins par une partie de l'élite, comme un acte déviant des normes préétablies, officielles ou officieuses. Dans un premier temps, les membres de l'élite considéraient que certaines pratiques s'écartaient des mœurs politiques. C'est dans ce contexte que, par souci de limiter et de contrôler cet élément déviant, les mesures et les lois contre la corruption verront la lumière. Dans cette thèse, nous avons étudié trois grandes catégories de corruption : ambitus ou corruption électorale, corruption politique (composée par le crime de péculat et le repetunda) et corruption judiciaire). Malgré les spécificités, chaque catégorie comprend des mesures de prévention et de répression ; les lois, plus ou moins dures, ont essayé de réprimer la corruption, la plupart du temps sans succès réel. En deuxième lieu, nous avons analysé les implications financières de la corruption : l'endettement auquel les sénateurs se voyaient poussés, les prêts qui devaient contracter pour avoir de chances dans les élections, prêts qui étaient parfois retournés sous forme de service politiques. Nous avons également identifié l'importance des liquidités dans la corruption : elles mettaient à la portée des sénateurs la liberté d'employer la corruption sans devoir être redevable à personne. César et les premiers empereurs, conscients de ce facteur, limitèrent alors les liquidités de leurs rivaux. En outre, nous nous sommes intéressées à l'influence des crises financières sur la corruption et vice versa. Finalement, cette étude a voulu aussi étudier le discours créé autour de la corruption romaine par les Grecs et par les Romains, essayant de dégager les faits des topoi.