Faculté de médecine

Survie de trois cohortes de patients hospitalisés en gériatrie à Genève en 1996, 1986 et 1976

Frangos Lordos, Emilia ; Herrmann, François (Dir.) ; Michel, Jean-Pierre (Codir.)

Thèse de doctorat : Université de Genève, 2005 ; Méd. 10437.

Notre étude originale porte sur la comparaison et le suivi de trois cohortes de patients hospitalisés dans le même Hôpital, celui de Réhabilitation et de Gériatrie de Genève, au cours de trois décennies (en 1976, 1986 et 1996). Elle montre que le nombre d’admissions n’a fait que s’accroître au fil du temps (1462 en 1976, 2370 en 1996), avec une population hospitalière à... More

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    Résumé
    Notre étude originale porte sur la comparaison et le suivi de trois cohortes de patients hospitalisés dans le même Hôpital, celui de Réhabilitation et de Gériatrie de Genève, au cours de trois décennies (en 1976, 1986 et 1996). Elle montre que le nombre d’admissions n’a fait que s’accroître au fil du temps (1462 en 1976, 2370 en 1996), avec une population hospitalière à prédominance féminine pour les trois cohortes de patients (71% en moyenne) et de plus en plus âgée (âge moyen de 80 ans pour 1976, 83 ans pour 1986 et 84 ans pour 1996). Des durées de séjour extrêmes comme celles documentées en 1986 (1968 jours) et en 1976 (1169 jours) ne sont plus retrouvées en 1996. La durée moyenne de séjour passe de 62 jours en 1976 et 66.3 jours en 1986 à 49.4 jours en 1996. Les différentes sources de données utilisées (Office Cantonal de la Population, systèmes informatiques de l’Hôpital de Gériatrie et de l’Hôpital Cantonal de Genève) ont permis d’obtenir les informations nécessaires au suivi des trois cohortes pour la majorité des patients, avec un nombre de perdus de vue diminuant de manière très marquée au cours du temps. Grâce à ces données, notre étude décrit également l’évolution de la survie au cours du temps, la compare avec celle de la population générale et analyse l’influence de différents facteurs sur celle-ci, en particulier le rôle des co-morbidités et plus spécifiquement du degré de fonctionnalité. La survie après admission en milieu hospitalier, durant le séjour et à la suite de celui-ci reste élevée pour les trois cohortes (survie médiane à la sortie de 7.5 ans pour 1976, 3.8 ans pour 1986 et 3.2 ans pour 1996 ; données non ajustées pour l’âge), mais elle reste toutefois moins bonne que celle de la population générale. Le nombre total et maximal de diagnostics principaux augmente au cours du temps, mais de manière non significative (P=0.34). Le nombre de diagnostics, l’âge et le sexe sont significativement associés avec la survie à l’admission et à la sortie du milieu hospitalier. Cependant, une altération de l’indépendance fonctionnelle (documentée avec l’échelle MIF) explique dix fois mieux le risque de mortalité à l’admission que le diagnostic lui-même, avec une augmentation de 8% du risque par atteinte fonctionnelle.