Faculté de théologie

Les ministères dans les épîtres pastorales : 1 Timothée, 2 Timothée, Tite

Cochand, Nicolas ; Keastli, Jean-Daniel (Dir.)

Thèse de doctorat : Université de Neuchâtel : 2002 ; 1623.

Par épîtres pastorales, on désigne trois lettres du Nouveau Testament, 1 Timothée, 2 Timothée et Tite. La thèse analyse ces documents sous l'angle de la problématique des ministères, c'est-à-dire de la manière dont les textes répartissent, légitiment ou critiquent les charges et les fonctions au sein de la communauté ecclésiale. Les Pastorales sont le reflet d'un conflit... More

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    Résumé
    Par épîtres pastorales, on désigne trois lettres du Nouveau Testament, 1 Timothée, 2 Timothée et Tite. La thèse analyse ces documents sous l'angle de la problématique des ministères, c'est-à-dire de la manière dont les textes répartissent, légitiment ou critiquent les charges et les fonctions au sein de la communauté ecclésiale. Les Pastorales sont le reflet d'un conflit d'interprétation du message de Paul, qui déchire certaines communautés chrétiennes d'Asie Mineure au début du deuxième siècle. Prenant position dans ce débat, l'auteur des épîtres enracine la vocation de l'apôtre dans la révélation elle-même. De ce fait, il soumet chacun à une exigence de fidélité au message apostolique tel qu'il le comprend et le défend. L'effet pragmatique des épîtres est de faire appel au sens critique du lecteur, de rendre ce dernier témoin et juge de la fidélité de chacun, à commencer par celle des responsables de la communauté. Contrairement à ce qui est souvent affirmé, les Pastorales ne cherchent pas à renforcer le ministère institué mais à le mettre à l'épreuve. En effet, les adversaires des Pastorales ne proviennent pas de l'extérieur mais se recrutent dans la communauté et parmi ses ministres. C'est en particulier parmi les femmes que l'auteur voit la déviance à l'oeuvre. Le ministère féminin est un des enjeux du conflit. La thèse s'appuie sur une analyse des Actes de Paul, texte apocryphe de la fin du 2ème siècle. Elle examine également la question de l'ordination des ministres, en soumettant à une critique serrée l'interprétation usuelle de deux passages des Pastorales (1 Tm 4, 14 et 2 Tm 1, 6). L'auteur aboutit à la conclusion que l'imposition des mains dont il est question dans ces deux textes ne se réfère pas nécessairement à un rite d'ordination, mais pourrait aussi faire allusion au baptême. Où situer les Pastorales dans l'évolution qui, d'une diversité de modèles d'organisation, va vers une unification et une hiérarchisation progressives des ministères? Une étude détaillée conduit l'auteur de la thèse à soutenir que la communauté des épîtres connaît deux types principaux de fonctions. L'auteur les réunit sous la catégorie de l'enseignement et désigne globalement les responsables par le titre de presbytre, qui ne recouvre pas un ministère spécifique. D'un côté, les épiscopes sont chargés de diriger la communauté et d'exercer la discipline. De l'autre, les diacres sont chargés de la prédication. La communauté compte des femmes parmi ces derniers. L'ordre des veuves désigne aussi une catégorie de femmes particulièrement actives dans l'enseignement. Les Pastorales ne connaissent pas encore le ministère de l'épiscope unique, qui émerge dans le courant du 2ème siècle pour occuper progressivement une position d'autorité de type monarchique. Par ailleurs, l'auteur de la thèse rejette certains modèles d'interprétation pour se concentrer sur les textes. Pour le ministère diaconal, par exemple, il observe que l'hypothèse d'une fonction subalterne trouvant son origine dans la distribution des repas ne bénéficie d'aucun appui dans les textes, alors que les indices textuels plaident pour un ministère de prédication de l'évangile provenant de l'apôtre Paul.