Faculté de biologie et de médecine

Role of mutations in the phosphoprotein on RNA polymerase activity of canine distemper virus following cell culture adaptation

Zweifel, Christine ; Wittek, Riccardo (Dir.)

Thèse de doctorat : Université de Lausanne, 2004.

La souche virulente A75/17 du virus de la Maladie de Carré n’est pas capable de se répliquer dans les lignées cellulaires et a été adaptée aux cellules Vero. La comparaison de séquences entre A75/17 et la souche adaptée A75/17-V montre sept nucléotides de différence. Trois des ces mutations sont localisées dans la protéine matricielle, trois dans la phosphoprotéine, changeant aussi... Plus

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    Résumé
    La souche virulente A75/17 du virus de la Maladie de Carré n’est pas capable de se répliquer dans les lignées cellulaires et a été adaptée aux cellules Vero. La comparaison de séquences entre A75/17 et la souche adaptée A75/17-V montre sept nucléotides de différence. Trois des ces mutations sont localisées dans la protéine matricielle, trois dans la phosphoprotéine, changeant aussi la séquence de la protéine V, mais pas de la protéine C, et une dans la grande protéine. La phosphoprotéine et la grande protéine forment le complexe de l’ARN polymérase dont l’activité a été étudiée utilisant un système de génétique inverse; ce système consiste en la transfection de plasmides codant pour un miniréplicon, pour la nucléoprotéine et pour les protéines composant l’ARN polymérase. Etonnamment, la polymérase du virus A75/17 présente une plus grande activité que celle de la polymérase du virus A75/17-V. Cette diminution d’activité est due à une diminution au niveau de la transcription et de la réplication. L’atténuation de la polymérase du virus A75/17-V a été confirmée au niveau viral lors de l’infection de cellules CHO exprimant stablement le récepteur canin SLAM situé sur les organes lymphatiques du chien et permettant l’entrée de ces deux virus avec la même efficacité. Le virus A75/17-V se multiplie plus lentement dans les cellules CHOSLAM que le virus A75/17 et a perdu la capacité d’induire des syncytia dans ces cellules. L’adaptation en culture cellulaire a donné naissance à un virus atténué autant in vitro qu’in vivo avec une activité de polymérase et une capacité de former des syncytia réduites démontrant un rôle important de la polymérase dans le phénotype du virus. De plus, cette activité de polymérase réduite est uniquement due aux mutations apparues dans la phosphoprotéine. Les mutations de la protéine matricielle n’influencent aucunement l’activité de polymérase des deux virus, par contre le rôle exact de cette protéine dans l’adaptation reste à être déterminé. L’activité de la polymérase a également été déterminée en présence des protéines accessoires V et C. Les protéines V ont un effet activateur sur l’activité de polymérases des deux virus A75/17 et A75/17-V. En ce qui concerne la protéine C, bien qu’elle ne contienne aucune différence au niveau protéique entre les virus A75/17 et A75/17-V, elle présente des effets opposés sur l’activité des polymérases virales. Ceci peut être attribué à une différence au niveau de l’interaction de la protéine C avec les complexes protéiques formant les polymérases virales. Ces effets ont été montré par des tests de transfection, mais aussi par la génération de virus recombinant pour la souche A75/17-V n’exprimant pas la protéine C. En résumé, l’élimination de la protéine C diminue drastiquement l’activité de la polymérase du virus virulent et augmente significativement celle de la polymérase du virus adapté. L’augmentation d’activité a été confirmée par un virus recombinant délété de la protéine C qui se multiplie plus rapidement dans les cellules Vero durant les premières 48 heures d’infection. Des études futures se focaliseront sur la génération de virus recombinant de la souche virulente de la Maladie de Carré afin de comprendre les mécanismes moléculaires du processus d’adaptation et de la perte de pathogénicité du virus adapté aux cellules Vero.