Faculté des hautes études commerciales

Trois essais sur le comportement des ménages : une analyse microéconométrique

Kolodziejczyk, Christophe ; XXX, xxx (Dir.)

Thèse de doctorat : Université de Lausanne, 2004.

Depuis maintenant un peu plus d’un siècle, la science économique utilise des outils méthodologiques formalisés afin de traiter de façon systématique et précise les problèmes auxquels elle est confrontée. Plusieurs arguments viennent appuyer ce choix. Tout d’abord pour des raisons de transparence, il semble important que les raisonnements économiques soient facilement soumis à des... Plus

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    Résumé
    Depuis maintenant un peu plus d’un siècle, la science économique utilise des outils méthodologiques formalisés afin de traiter de façon systématique et précise les problèmes auxquels elle est confrontée. Plusieurs arguments viennent appuyer ce choix. Tout d’abord pour des raisons de transparence, il semble important que les raisonnements économiques soient facilement soumis à des tests. Deuxièmement, l’aspect quantitatif est une dimension importante dans l’évaluation de politiques économiques. Dans ce but, la microéconométrie a fait son apparition il y a environ une quarantaine d’années. La microéconométrie est le domaine de l’économie qui lie la théorie du comportement des agents économiques (par exemple des ménages ou des firmes) aux données individuelles. D’après Heckman [3], ce domaine présente deux particularités. Premièrement, il est conduit par les données disponibles pour les chercheurs. Il semble que l’hétérogénéité soit une variable importante dans la détermination des choix économiques et l’hypothèse d’agent représentatif semble par conséquent un peu désuète. Cet état de fait a conduit les chercheurs à obtenir des données plus précises au niveau microéconomique et donc à considérer de nouveaux modèles économiques. Deuxièmement, la plupart des questions abordées sont motivées pour des raisons de politiques économiques et requièrent, pour y répondre, des données et des modèles microéconomiques. Cette thèse présente trois essais dans le domaine de la microéconométrie appliquée au cas des ménages suisses. Nous y abordons trois grands thèmes qui sont l’offre de travail, l’épargne et la mesure du bien-être individuel des ménages. L’épargne1 et l’offre de travail sont intimement liées, puisque ce sont deux choix théoriquement faits conjointement. Dans le premier chapitre et le troisième chapitre, nous considérons l’offre de travail et la consommation. Le premier chapitre traite de la mesure du bien-être des ménages en faisant abstraction de la taxation dans le traitement de l’offre de travail. Dans le deuxième chapitre, nous analysons les aspects de cycle de vie dans les décisions d’épargne des ménages en supposant l’offre de travail exogène. D’après Browning [14], l’idée de séparabilité de la consommation semble être rejetée empiriquement. Pourtant, cette façon de faire permet de considérer certain aspects de ces deux problèmes de manière plus simple que si l’on considérait explicitement la détermination conjointe des deux variables en question. Le dernier chapitre analyse le marché du travail suisse en considérant explicitement l’imposition progressive du revenu et l’aspect dynamique des décisions d’offre de travail et d’épargne. Les trois chapitres présentés dans cette thèse fondent leur analyse empirique sur des données d’enquêtes de ménages suisses. Nous avons utilisé l’Enquête sur la consommation 1990, OFS (EC 90) et l’Enquête sur le Revenu et la Consommation 1998 (ERC 98). Ces deux enquêtes présentent des données relativement détaillées sur les dépenses de consommation des 1 Ici décision d’épargne et de consommation sont deux concepts équivalents. L’épargne étant compris comme le résidu entre le revenu et la consommation.