Travail social

Le pouvoir d’agir et les postures de l’éducateur de rue dans une zone de non droit : entre adaptation et affirmation de soi

Huter, Matthias ; Boulé, Christophe (Dir.)

Mémoire de bachelor : Haute Ecole de Travail Social, 2020.

Ce travail de recherche est effectué dans le cadre de la formation Bachelor of Arts in Travail Social, orientation « éducation sociale ». Il traite de la prévention spécialisée en zone de nondroit. Le choix du thème découle de mes propres interrogations, suite à ma première formation pratique, passée dans les quartiers nord de la ville de Marseille de septembre 2018 à février... More

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    Résumé
    Ce travail de recherche est effectué dans le cadre de la formation Bachelor of Arts in Travail Social, orientation « éducation sociale ». Il traite de la prévention spécialisée en zone de nondroit. Le choix du thème découle de mes propres interrogations, suite à ma première formation pratique, passée dans les quartiers nord de la ville de Marseille de septembre 2018 à février 2019. La première étape de mon travail a consisté à formuler la question de recherche et à poser les différentes hypothèses. C’est dans le but de vérifier ces dernières et y répondre que j’ai orienté mon travail. Ainsi, afin de mieux comprendre tous les enjeux de ma recherche, il me fallait commencer par m’informer sur les bases théoriques du thème traité. Je me suis donc appuyé sur les travaux et les recherches d’auteurs tels que « Le Bossé », « Ott », « Le Rest », « Le Goaziou » et « Hbila ». Ils m’ont permis d’approfondir les thématiques suivantes : - La prévention spécialisée - La zone de non-droit - La prise en charge des adolescents - La posture professionnelle - Le développement du pouvoir d’agir Du point de vue méthodologie, j’ai considéré mon terrain de recherche, à savoir trois différents quartiers à Marseille, ainsi que les expériences vécues selon un échantillonnage de trois éducateurs de rue rencontrés sur place. Je les ai soumis à trois entretiens semi-directifs, à l’aide d’une grille de questions semidirectives élaborées au préalable. Mon terrain de recherche se limite à la zone de non-droit. J’ai donc opté pour une observation directe non-participative, afin de ne pas influencer les échanges entre l’éducateur et les jeunes. Pour ce faire, j’ai utilisé un canevas d’observations préparées en amont. Lors de mon analyse de données, j’ai pu démontrer le pouvoir d’agir et la posture qu’avait un éducateur en prenant en compte les repères proposés par « Le Bossé ». A ma grande surprise, j’ai constaté qu’il existait deux phases de posture bien distinctes chez les éducateurs de rue. A savoir, une première phase où ils vont chercher à s’intégrer et prouver aux jeunes qu’ils ont une utilité. Une fois intégré dans leur milieu, le comportement des jeunes et des habitants va changer à leur égard : la confiance s’est installée et de ce fait, les éducateurs de rue seront amenés à répondre à beaucoup plus de demandes d’accompagnement. C’est lors de la deuxième phase que les éducateurs vont retrouver leur pouvoir d’agir et changer de posture. Une partie de mon analyse est également dédiée aux pistes d’actions et à différents bilans. C’est dans cette dernière, que je mets en avant certaines limites, repérées dans ma méthode de recherche. En conclusion, je constate le fait que la zone de non-droit ne définit pas la posture ou le pouvoir d’agir de l’éducateur, même si elle va l’obliger à tenir compte des différentes règles et normes de la zone. L’éducateur va également devoir faire face, dans un premier temps, à la réticence des jeunes et des habitants, et de ce fait, son intégration prendra plus de temps. Mais une fois, qu’il a gagné la confiance de la population, la zone de non-droit n’est plus un frein en ce qui concerne sa posture et son pouvoir d’agir. Au fond, il aura, plus au moins, les mêmes contraintes et la même liberté d’exercer sa profession que les éducateurs de rue qui ne travaillent pas en zone de non-droit.