Travail social

La sanction en éducation : l’attitude de l’éducateur face à un enfant qui fait acte de désobéissance

Giroud, Arnaud ; Délez, Marie-Luce (Dir.)

Mémoire de bachelor : Haute Ecole de Travail Social, 2012.

L’évolution de la société a profondément modifié l’éducation. Il paraît loin le temps où l’enfant obéissait sans rechigner, où l’autorité du père, du professeur, de l’éducateur était inébranlable et guère remise en question. Pourquoi alors avons-nous basculé vers une éducation beaucoup plus permissive où les enfants sont de plus en plus considérés comme des adultes... More

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    Résumé
    L’évolution de la société a profondément modifié l’éducation. Il paraît loin le temps où l’enfant obéissait sans rechigner, où l’autorité du père, du professeur, de l’éducateur était inébranlable et guère remise en question. Pourquoi alors avons-nous basculé vers une éducation beaucoup plus permissive où les enfants sont de plus en plus considérés comme des adultes en miniature ? L’éducation d’autrefois était-elle fondée sur l’autoritarisme ? L’enfant d’aujourd’hui transgresse-t-il plus qu’avant ? Rassurons-nous, transgresser n’a rien de pathologique, cela fait partie du développement de l’enfant. La transgression de l’enfant ne peut être comparée à celle de l’adulte dans le sens où l’enfant n’est pas entièrement responsable de ce qu’il commet. Il a encore le droit à l’erreur. De ce fait, on ne peut avoir à son égard les mêmes exigences qu’envers les adultes. Comment alors sanctionner de manière à respecter l’enfant, tout en étant suffisamment ferme de manière à l’amener à la socialisation et à sa responsabilisation ? C’est là le défi de l’éducation actuelle. Sanctionner ? Tous ne sont pas d’accord avec cette pratique. En effet, certains prônent une éducation non-violente sans punition, ni récompenses. Serait-ce utopique ? D’autres pensent qu’imposer des contraintes à son enfant, le sanctionner, ne constitue pas un échec mais apparait comme l’une des réponses possibles face à la panoplie éducative qui s’étend de la non-réaction (démission) aux châtiments corporels, en passant par le dialogue, la menace, la négociation, la privation, l’exclusion, etc. D’un côté, il y a la punition, notoirement dépréciée des pédagogues, psychologues et sociologues. Elle sert surtout à calmer la colère de l’adulte et vise à faire mal, à soumettre celui qui la reçoit. De l’autre côté, il y a la sanction qui cherche avant tout à ce que l’enfant comprenne son erreur et puisse la réparer. Son but est de pouvoir réinsérer l’enfant, le déculpabiliser et remettre les compteurs à zéro. Nous verrons comment une sanction peut être éducative et pédagogique. Ce qui permet de distinguer la punition de la sanction, c’est la réponse à deux questions : « Est-ce que je cherche à me venger ? » et « L’objectif est-il le désagrément qu’engendre l’acte déviant ou bien la prise de conscience de son erreur ? ». Nous verrons également que toute sanction véhicule un message et est porteuse de sens. Face à la multitude de réponses dont l’adulte dispose, parents, enseignants mais aussi éducateurs se retrouvent pourtant aujourd’hui, souvent démunis face aux comportements des enfants. Faut-il sanctionner ou baisser les exigences afin d’éviter le conflit ? Au fond, la sanction n’est-elle pas nécessaire au statut de l’éducateur ? Sans elle, comment alors réagir face aux transgressions ?