Travail social

En route pour l’assistance : quelles représentations ont les bénéficiaires de leur situation d’aide sociale : convergences et divergences avec les discours dominants médiatiques?

Stepanovic, Sandra ; Antonin-Tattini, Véronique (Dir.)

Mémoire de bachelor : Haute Ecole de Travail Social, 2013.

Une certaine population, exclue du marché de l’emploi, et rendue responsable de son inactivité professionnelle, n’a pas d’autres choix que de faire appel aux prestations de l’aide sociale. Bien que de nombreuses mesures d’insertion sociales et professionnelles existent, une partie des bénéficiaires d’aide sociale ne retrouvent jamais le chemin de l’emploi sur le premier marché... Plus

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    Résumé
    Une certaine population, exclue du marché de l’emploi, et rendue responsable de son inactivité professionnelle, n’a pas d’autres choix que de faire appel aux prestations de l’aide sociale. Bien que de nombreuses mesures d’insertion sociales et professionnelles existent, une partie des bénéficiaires d’aide sociale ne retrouvent jamais le chemin de l’emploi sur le premier marché du travail. De plus, depuis une bonne dizaine d’années, l’aide sociale est exposée à la critique, et les cantons suisses réforment régulièrement leur législation. Les médias se saisissent également de ce phénomène, et titrent, parfois sans pudeur, à la une de leurs quotidiens des histoires de vie impliquant des requérants de l’aide sociale. Fraude, tromperie, escroquerie, autant de qualificatifs pour désigner l’abus à l’aide sociale. Ce travail de recherche vise à sonder la perception des bénéficiaires face à leur situation d’aide sociale. Comment se perçoivent-ils ? Comment vivent-ils le regard que la société pose sur eux ? Seront-ils prêts à participer davantage à des mesures d’insertion sociales et professionnelles ? Les bénéficiaires d’aide sociale interrogés dans le cadre de ce travail de recherche parlent ouvertement de leur sentiment de honte et de gêne. Bien qu’ils soient tous favorables à entreprendre des mesures d’insertion, ils ressentent aussi une certaine amertume face au marché de l’emploi et face à l’efficience des mesures d’insertion proposées. La majorité des bénéficiaires interrogés sont restés inactifs, malgré les mesures d’insertion existantes. Cette étude soulève également le fait qu’il serait opportun d’envisager la collaboration avec une personne chargée de mettre en place les différentes mesures d’insertion. En effet, il est primordial de mettre en place un suivi personnalisé en fonction des besoins constatés auprès de chaque bénéficiaire. L’insertion demande un investissement particulier de la part de l’assistant social. Somme toute, dans l’exercice quotidien du travail social, il existe actuellement un dilemme entre le bien-être des bénéficiaires et les intérêts de l’institution sociale et politique.