Diabète de type I et polyols : quels informations et conseils transmettre aux patients ? : travail de Bachelor

Carrupt, Damien ; Gay, Gaëlle ; Kehl Dubois, Corinne (Dir.)

Mémoire de bachelor : Haute école de santé Genève, 2017.

Introduction : L’objectif de la prise en charge du diabète de type 1 (DT1) est de maintenir la glycémie au plus proche des normes physiologiques afin d’éviter et/ou de retarder les complications à court et à long terme. Sur le plan alimentaire, la méthode actuellement préconisée par l’American Diabetes Association (ADA) est le comptage des glucides. Il permet d’ajuster au mieux le... More

Add to personal list
    Résumé
    Introduction : L’objectif de la prise en charge du diabète de type 1 (DT1) est de maintenir la glycémie au plus proche des normes physiologiques afin d’éviter et/ou de retarder les complications à court et à long terme. Sur le plan alimentaire, la méthode actuellement préconisée par l’American Diabetes Association (ADA) est le comptage des glucides. Il permet d’ajuster au mieux le dosage d’insuline en fonction de la quantité de glucides consommée. Pour ce faire, le DT1 se réfère aux équivalences glucidiques et à la mention « glucides » présente sur l’étiquetage nutritionnel des produits. Elle comprend les sucres complexes, les sucres simples ainsi que les polyols. Les polyols ont la propriété d’avoir des taux d’absorption plus faibles que les autres glucides et variables d’un polyol à l’autre en raison de leur métabolisme propre. Les sociétés savantes du diabète n’émettent, à l’heure actuelle, aucune recommandation concernant les polyols et le DT1. En Suisse, le DT1 considère, au moment du comptage des glucides, de manière similaire les polyols aux autres glucides. Notre travail de Bachelor a pour but de se positionner sur l’effet engendré par la consommation de polyols sur la glycémie et les besoins en insuline des DT1. Les résultats permettront de formuler un positionnement argumenté sur des fondements scientifiques afin que les professionnels de santé puissent transmettre des informations/conseils adaptés aux patients concernés. Méthodologie : Nous avons réalisé une revue de littérature systématique qui nous a permis d’observer l’influence de la consommation de chaque polyol sur la glycémie et les besoins en insuline. Suite à cela, une analyse non-exhaustive de produits contenant des polyols nous a permis d’estimer si la quantité de polyols présente pourrait impacter ou non la glycémie et nécessiter ou non un ajustement des doses d’insuline. Pour ce faire, nous avons calculé si la différence entre glucides actuellement comptabilisés et glucides métabolisés était significative (≥ à 10 g) pour devoir adapter l’insuline. Notre analyse de produit s’est basée sur l’étude de l'absorption et du métabolisme des polyols, ainsi que sur les résultats de notre revue de littérature systématique. Résultats : La consommation de polyols engendre une élévation moindre voire nulle de la glycémie et de l’insuline sérique par rapport au glucose et/ou au saccharose. Il existe une variabilité d’un polyol à un autre, en fonction du taux d’absorption et de leur métabolisme propre. L’analyse de produits a démontré qu’à partir d’un certain seuil de consommation spécifique à chaque produit, il existe une différence significative entre glucides comptabilisés et glucides métabolisés qui pourrait modifier les besoins en insuline des DT1. Perspectives : La présentation de nos résultats aux professionnels de santé concernés permettrait de les sensibiliser au risque potentiel de surdosage d’insuline lorsque le DT1 consomme des polyols. Notre travail constitue une première réflexion qui pourrait amener les sociétés savantes du diabète à se questionner sur la mise en place de recommandations sur la consommation de polyols. A plus long terme, des démarches visant à modifier l’étiquetage pourraient être envisageables afin de rendre attentif le DT1 à la présence de polyol dans le produit et/ou de l’informer de la quantité de glucides métabolisés. Conclusion : Notre travail tend à démontrer que les polyols devraient être comptabilisés en tenant compte de la partie non-absorbée et de leur métabolisme propre, afin d’éviter un risque de surdosage d’insuline. Les DT1 devraient comptabiliser la quantité de glucides métabolisés plutôt que la quantité de glucides totaux. Pour ce faire, nous proposons de soustraire un pourcentage spécifique à chaque polyol de la quantité totale contenue qui correspond à la part non-métabolisée. Le pourcentage défini découle du taux d’absorption et du métabolisme de chaque polyol.