Les ressources administratives, patrimoniales, culturelles et scientifiques à l’Université de Genève : définition d’une politique de préservation numérique

Iacconi, Eugénie ; Dubois, Alain (Dir.)

Mémoire de master : Haute école de gestion de Genève, 2018 ; MASID 77.

La problématique de la préservation numérique occupe désormais une place centrale au sein des institutions dédiées à la conservation du patrimoine culturel et scientifique – et plus largement au sein de toutes les organisations qui produisent de l’information – puisque les données créées sous forme numérique s’avèrent particulièrement vulnérables en raison de... More

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    Résumé
    La problématique de la préservation numérique occupe désormais une place centrale au sein des institutions dédiées à la conservation du patrimoine culturel et scientifique – et plus largement au sein de toutes les organisations qui produisent de l’information – puisque les données créées sous forme numérique s’avèrent particulièrement vulnérables en raison de l’obsolescence rapide des technologies qui les sous-tendent et des mesures complexes qui s’imposent pour assurer leur pérennité et leur accessibilité futures. La préservation numérique forme ainsi l’un des grands défis du XXIe siècle puisque les risques que notre société se retrouve face à un « trou noir » digital croissent à la vitesse des évolutions technologiques (Luan, Nygård 2010, p. 1). L’Université de Genève n’échappe pas à ce changement de paradigme. La massification des effectifs, la multiplication des pôles, la prolifération des systèmes, l’autonomie de ses membres et l’intensification de la recherche complexifient encore la situation dans un contexte aussi décentralisé que le sien. Pourtant, aucune politique globale n’encadre à l’heure actuelle la gestion et la préservation des fonds et collections de l’Université. Partant, ce travail de mémoire a pour ambition de proposer une politique de préservation numérique des ressources administratives, patrimoniales, culturelles et scientifiques pour l’Université. La définition de celle-ci se fonde tout d’abord sur une revue de la littérature dessinant les contours de l’archivistique contemporaine et de la préservation numérique. Elle repose ensuite sur un état des lieux de l’existant effectué à partir d’une série d’entretiens semi-structurés menés auprès des acteurs essentiels de la conservation et de la valorisation du patrimoine universitaire – Archives administratives et patrimoniales (AAP), Commission de Patrimoine Facultaire (CoPaF), Archives Institut Jean-Jacques Rousseau (AIJJR) et Archives Jean Piaget (AJP) – et des instances impliquées dans la gouvernance informationnelle – Bureau de la Stratégie numérique (BNS) et Division de l’Information Scientifique (DIS). Elle découle enfin de l’examen de politiques de préservation numérique publiées ces dernières années par des institutions importantes telles que les Archives fédérales suisses, la British Library ou l’Université de Melbourne. La politique de préservation numérique proposée par ce travail de mémoire invite l’institution à se saisir de cette occasion pour penser la gestion et la préservation des fonds et collections qu’elle détient selon une vision concertée et coordonnée afin de mutualiser les compétences et les savoir-faire et de capitaliser les efforts déployés. La complémentarité des différents professionnels des sciences de l’information se révèle en effet un atout important face à un défi aussi complexe que la sauvegarde du patrimoine institutionnel sous ses différentes formes. Enfin, l’expérience des archivistes en matière d’évaluation est capitale dans un contexte de production exponentielle de données qui requiert de sélectionner avec soin les traces pertinentes conservées. « L’archive parfaite, qui d’ailleurs n’existe pas, est une archive faite d’absences » (Chidichimo 2015, p. 127).