Actions à hauts dividendes : peut-on substituer des dividendes élevés aux coupons obligatoires en période de taux d'intérêt bas ou négatifs ?

Delarue, Arthur ; Nagy, Istvan (Dir.)

Mémoire de bachelor : Haute école de gestion de Genève, 2018 ; TDEE 356.

Dans l’environnement actuel des taux d’intérêt extrêmement faibles, nombre d’investisseurs traditionnellement investis en obligations se sont tournés vers d’autres actifs afin de dégager un rendement supérieur à celui des obligations. En Suisse, le rendement actuel des dividendes est de 3%, niveau particulièrement attrayant en comparaison historique par rapport aux coupons... Mehr

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    Résumé
    Dans l’environnement actuel des taux d’intérêt extrêmement faibles, nombre d’investisseurs traditionnellement investis en obligations se sont tournés vers d’autres actifs afin de dégager un rendement supérieur à celui des obligations. En Suisse, le rendement actuel des dividendes est de 3%, niveau particulièrement attrayant en comparaison historique par rapport aux coupons obligataires. L’objectif de ce travail est donc de déterminer dans quelle mesure les actions à hauts dividendes peuvent représenter une alternative viable aux obligations en termes de rendement et de risques. En effet, les actions à hauts dividendes présentent nombre d’avantages sachant que plus de deux tiers de la performance historique des actions proviennent des dividendes et que le réinvestissement de ceux-ci permet de générer un rendement supplémentaire à long terme. De plus, les actions à dividendes élevés ont surperformé le reste du marché des actions par le passé tout en présentant un caractère défensif. En effet, non seulement la volatilité des dividendes est inférieure à celle des revenus des entreprises, mais la perte maximale enregistrée par les actions à hauts dividendes est également inférieure à celle des actions en générale. Toutefois, la sélection d’actions basée uniquement sur le niveau des dividendes élevés n’est pas suffisante et de nombreux fonds d’investissement intègrent d’autres critères comme la qualité, la durabilité ou encore la croissance des dividendes. Sur la base d’une analyse comparative de différents fonds sur le marché suisse, il apparait que la performance à 5 ans pour les stratégies axées sur les actions à hauts dividendes est supérieure à celle des obligations, de même que le niveau de rendement des dividendes est bien plus élevé que celui des obligations. Bien que la volatilité affichée par les actions à hauts dividendes soit significativement supérieure aux obligations, le ratio de Sharpe sur une période de 5 ans est bien meilleur pour les fonds en actions à hauts dividendes que pour une stratégie obligataire. Cela indique donc que le risque supplémentaire pris par un investisseur substituant une partie de son portefeuille obligataire par des actions à hauts dividendes est plus que compensé par le rendement excédentaire dégagé en période de taux d’intérêt bas ou négatifs. En conclusion, un investisseur ayant un horizon de placement suffisamment long et pouvant supporter une fluctuation importante à court terme de la valeur de son portefeuille aurait pu bénéficier d’un rendement plus élevé et d’une performance supérieure en substituant des actions à hauts dividendes aux obligations au cours de ces cinq dernières années sur le marché suisse.