Faculté des lettres et sciences humaines

Le théâtre de l'opprimé en tant qu'outil pour favoriser la réintégration sociale des détenus : un dialogue entre la criminologie critique, la psychologie historico-culturelle et la pédagogie critique

Leão de Castro, Cristiane ; Kloetzer, Laure (Dir.)

Mémoire de master : Université de Neuchâtel, 2018.

L'objet de ce mémoire est l’application du Théâtre de l’Opprimé dans une unité carcérale brésilienne en tant qu’outil pour favoriser la réintégration sociale du détenu proposée par Baratta à la lumière de la criminologie critique. Le collecte des données a été effectuée en 2010, au moyen de l’enregistrement vidéo, dans une unité pénitentiaire au Brésil. Comme il... Plus

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    Résumé
    L'objet de ce mémoire est l’application du Théâtre de l’Opprimé dans une unité carcérale brésilienne en tant qu’outil pour favoriser la réintégration sociale du détenu proposée par Baratta à la lumière de la criminologie critique. Le collecte des données a été effectuée en 2010, au moyen de l’enregistrement vidéo, dans une unité pénitentiaire au Brésil. Comme il s’agit d’une recherche interdisciplinaire, j’ai proposé un dialogue entre la criminologie critique (Baratta), la pédagogie critique (Freire), la psychologie historico-culturelle (Vygotski) et le Théâtre de l’opprimé (Boal). Ce choix est du fait que ces quatre auteurs ont une même posture épistémologique, qui utilise le matérialisme dialectique, et ils proposent les sciences et les arts comme moyens de transformation sociale. La méthode d’analyse est une méthode mixte combinant l’analyse thématique et l’analyse dialogique. La réintégration sociale dans la perspective de Baratta étant un processus qui concerne à la fois les détenus mais aussi la société en général, il a été constaté que le Théâtre de l’opprimé, malgré les limites de l’application de cette intervention dans une institution totalitaire, a été en mesure de favoriser la mise en place de quelques points du programme de Réintégration Sociale proposé par Baratta. Les changements ont été observés à la fois chez les détenus, chez les travailleurs du système d’exécution pénale, chez les bénévoles et parmi les membres de la communauté. Parmi ces résultats figurent la potentialité de détechnification de la question carcérale, la proposition de la résolution des conflits hors des perspectives violentes et autodestructrices, la rotation et la réciprocité de fonctions, des relations symétriques des fonctions, la présomption de la normalité du détenu et un glissement d’une anamnèse individuelle vers une anamnèse collective en ce qui concerne la question des toxicomanies, de la violence et de la criminalité. Finalement s’est manifesté le besoin de la portée diachronique de programmes offerts aux détenus à la fois pendant et après l’accomplissement de la peine, la Réintégration Sociale étant un processus développemental, qui se passe de façon continue et inachevée comme tous les processus développementaux, a work in progress.