Faculté des lettres et sciences humaines

Saving poor children, making good christians : an ethnography of church schools for children of migrant workers in Sabah (Malaysia)

Schulz, Yvan ; Hertz, Ellen (Dir.)

Mémoire de master : Université de Neuchâtel, 2012.

Les enfants des nombreux travailleurs migrants non qualifiés vivant en Malaisie n'ont, selon la loi, pas accès à l'enseignement public. Dans l'Etat de Sabah, ils seraient plus de 40'000 à ne pas être scolarisés. En réaction à cette situation, une multitude d'établissements spéciaux ont été créés depuis une dizaine d'année, dont certains par des organisations et particuliers... Plus

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    Résumé
    Les enfants des nombreux travailleurs migrants non qualifiés vivant en Malaisie n'ont, selon la loi, pas accès à l'enseignement public. Dans l'Etat de Sabah, ils seraient plus de 40'000 à ne pas être scolarisés. En réaction à cette situation, une multitude d'établissements spéciaux ont été créés depuis une dizaine d'année, dont certains par des organisations et particuliers chrétiens (églises et philanthropes locaux, missionnaires étrangers, etc.). J'ai moi-même travaillé dans trois de ces écoles chrétiennes en tant qu'enseignant, ce qui m'a permis de les étudier de l'intérieur, en profondeur. Mon étude se base sur une enquête ethnographique d'une durée de 10 mois, à Sabah, durant laquelle j'ai cherché à comprendre: comment l'éducation est conçue et pratiquée dans ces écoles; comment cela se répercute sur les élèves et les enseignants; et comment ces écoles reflètent et influencent à la fois le contexte politico-religieux dans lequel elles s'insèrent. Dans mon mémoire, je constate que les écoles chrétiennes de Sabah présentent l'éducation - et donc leur propre action - comme indispensable au salut des enfants de travailleurs migrants. Ce salut s'exprime en des termes à la fois matériels, spirituels et moraux, et il est envisagé comme un rapprochement vers Dieu. Il requiert de la part des élèves - et constitue en même temps - un "changement de mentalité", dont les caractéristiques indiquent l'influence d'une idéologie de type néolibéral sur ces écoles. Les élèves sont poussés à envisager, et oeuvrer pour, leur destin de façon individuelle et non collective, ce qui contribue notamment à masquer le traitement inégal dont leurs parents et eux-mêmes font l'objet. Cette même conception néolibérale rend possible - si ce n'est en pratique, du moins en théorie - des remaniements d'appartenance communautaire. Et c'est là-dessus que misent les écoles, en mettant sur pied, parallèlement, un système de rites et d'étroites relations interpersonnelles censés renforcer l'identification des enfants à la communauté - parfois réelle, mais toujours imaginée - des Chrétiens.