Travail social

Tes blessures reflètent les miennes et ça peut faire mal : la nécessité de savoir gérer ses émotions pour être un praticien réflexif

Marty, Sabrina ; Grau, Christiane (Dir.)

Mémoire de bachelor : Haute Ecole de Travail Social, 2012.

La profession d’éducateur social notamment, demande beaucoup d’implication personnelle. De ce fait, le parcours de vie du professionnel, ses émotions et sa propre personne sont mis à rude épreuve. Quotidiennement, il se confronte aux souffrances et aux difficultés des usagers peut-être similaires aux siennes. L’éducateur social est son propre outil, donc son action professionnelle... Plus

Ajouter à la liste personnelle
    Résumé
    La profession d’éducateur social notamment, demande beaucoup d’implication personnelle. De ce fait, le parcours de vie du professionnel, ses émotions et sa propre personne sont mis à rude épreuve. Quotidiennement, il se confronte aux souffrances et aux difficultés des usagers peut-être similaires aux siennes. L’éducateur social est son propre outil, donc son action professionnelle est influencée par toutes les composantes de sa vie personnelle. Il est donc essentiel qu’il sache gérer ses émotions ainsi que ses éventuelles blessures. C’est autour de ces constations que mon travail a pris naissance. Ma recherche porte donc sur la notion de déstabilisation émotionnelle provoquée par la confrontation au vécu des usagers, confrontation qui risque de faire émerger des blessures chez l’éducateur social. Mes expériences professionnelles m’ont grandement motivée à soulever cette problématique qui me semble d’actualité. La problématique de mon travail m’a amenée à trouver des techniques permettant aux éducateurs sociaux de travailler malgré leurs propres souffrances, leurs blessures et leur vécu sans prétériter leurs actions éducatives. Ma recherche s’est construite autour des 4 hypothèses suivantes :  La stabilité émotionnelle est une condition nécessaire à l’exercice du métier d’éducateur social, faute de quoi ce dernier risque des identifications avec les usagers, ce qui est inadéquat, voire pathogène. Hypothèse confirmée dans une large mesure car un surplus d’émotions ainsi que la relation de proximité avec les usagers notamment, provoquent des déstabilisations chez l’éducateur social.  Pour garantir ses capacités réflexives, l’éducateur social doit savoir gérer ses émotions. Hypothèse confirmée grâce à la preuve scientifique qu’une forte intensité d’émotions (positives ou négatives) bloque l’accès à la capacité de réfléchir.  Lorsque l’éducateur social a un vécu qui lui laisse des blessures, il risque d’être trop touché par la situation de son usager et il est donc nécessaire qu’il fasse du développement personnel pour gérer ses émotions. Hypothèse confirmée car chaque individu porte en lui des blessures qui lors de réactivation provoquent des déstabilisations chez l’éducateur social.  La formation HES en travail social ne s’occupe pas du développement personnel des étudiants ni avant, ni pendant la formation. Hypothèse partiellement confirmée car la formation HES initie au travail de développement personnel. La première partie présente un cadre théorique, composé de 4 grands thèmes: Les blessures personnelles, L’incidence des émotions sur la pensée, La gestion des émotions par le développement personnel et La formation HES du praticien réflexif : éducateur social. Le dernier chapitre est enrichi par un entretien avec le responsable de la filière travail social de la HES-SO Valais. La deuxième partie relève de l’enquête de terrain effectuée au travers d’un questionnaire élaboré sur le logiciel « Sphinx ». Ce dernier m’a permis de vérifier si la confrontation au vécu des usagers provoque des résonances chez les éducateurs sociaux et les directeurs, et de savoir quels moyens ils utilisent pour les gérer avec leurs conséquences dans la pratique professionnelle.