Travail social

Au coeur des familles : la relation au-delà de la schizophrénie

Henny, Rachel ; Pitarelli, Emilio (Dir.)

Mémoire de bachelor : Haute Ecole de Travail Social, 2012.

La schizophrénie est l’une des maladies les plus difficiles à définir et à expliquer, ainsi que l’une des plus délicates à comprendre et à gérer. Cette pathologie a mauvaise réputation et de ce fait, elle reste méconnue. Quoi qu’il en soit 1% de la population en souffre, alors comment faire face aux difficultés qu’elle amène dans la famille ? Lorsqu’elle est confrontée à... Plus

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    Résumé
    La schizophrénie est l’une des maladies les plus difficiles à définir et à expliquer, ainsi que l’une des plus délicates à comprendre et à gérer. Cette pathologie a mauvaise réputation et de ce fait, elle reste méconnue. Quoi qu’il en soit 1% de la population en souffre, alors comment faire face aux difficultés qu’elle amène dans la famille ? Lorsqu’elle est confrontée à la maladie psychique, la famille se retrouve démunie. A partir de là, comment conserver le lien relationnel avec une personne qui présente des comportements atypiques, embarrassants et parfois incompréhensibles ? Ce sont ces questions qui sont le fondement de ce travail de recherche, dont le but est de comprendre la relation familiale qui perdure au-delà de la maladie psychique, en gardant à l’esprit la place que le travailleur social peut avoir dans cette relation familiale. Cette recherche a permis de mettre en évidence cinq facteurs jouant un rôle dans la relation. Tout d’abord l’âge, qui indique la période où la maladie s’est déclarée et donc les représentations de la schizophrénie à ce moment-là. Il donne également le type de prise en charge, tant pour la famille que pour les personnes souffrantes. À partir d’un certain âge, une inquiétude supplémentaire apparaît quant au soutien qui perdurera une fois que les parents auront disparus. Ensuite, il s’agit d’apprendre à vivre avec une personne malade et des aspirations et possibilités pour l’avenir complètement différentes : c’est la question du nouvel enfant. Avec la maladie et les difficultés arrive aussi l’espoir, non pas de la guérison, mais d’une stabilisation de la situation dans les meilleures conditions. Les fluctuations du comportement engendrées par la maladie, soit l’état psychique du malade, influencent en tout temps la relation, car la famille souhaite le meilleur pour lui et lorsqu’il est plus déprimé, c’est aussi plus difficile pour eux. Enfin, face à la souffrance, la responsabilité de l’autre émerge. Plusieurs proches tendent à protéger la personne malade, et de ce fait sont très investis auprès de lui. Il est possible également de relever 3 soutiens importants dans les relations entre proche et malade. Le programme « Profamille », qui donne à chacun des outils pour faire face à la maladie et leur apprend à vivre avec une personne souffrante, sans se soumettre à la schizophrénie. Dans ce même esprit d’accompagnement, les associations de proches offrent à tous la possibilité de partager leur vécu en l’extériorisant et en se déchargeant, ce qui soulage et permet d’apprendre de l’expérience des autres. Enfin, la prise en charge permet à la famille d’être reconnue dans sa souffrance d’une part et lui donne la possibilité de se décharger en partie de la responsabilité du bien-être de leur proche d’autre part. Il s’agit de ne plus être seul face à la maladie. Notons également que la méconnaissance de la maladie et le choc de l’annonce du diagnostic sont aussi des éléments importants. Chacune des personnes rencontrées évoque ce phénomène, où ils ont finalement reçu ce diagnostic mais pas le décodage. D’où l’importance de « Profamille » et de la compréhension de la maladie, qui leur ont permis d’avoir une idée juste de la schizophrénie, de rencontrer d’autres personnes dans une situation similaire, et enfin d’apprendre à « vivre avec » en adaptant leur comportement.