Faculté des lettres

Le phénomène de la douleur chez l'enfant

Spicher, Pascale ; Retschitzki, Jean (Dir.) ; Reicherts, Michael (Codir.)

Thèse de doctorat : Université de Fribourg : 2002.

Jusqu'à la fin des années quatre-vingt, les scientifiques affirment que les bébés ne peuvent pas ressentir la douleur puisque leurs fibres de la nociception sont immatures jusqu'à une année environ. Dès 1987, les publications de Kanwaljeet Anand ont été les plaques révélatrices de photographies peu réjouissantes : dès la 20ème semaine intra-utérine, le foetus a tout ce qu'il faut... More

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    Résumé
    Jusqu'à la fin des années quatre-vingt, les scientifiques affirment que les bébés ne peuvent pas ressentir la douleur puisque leurs fibres de la nociception sont immatures jusqu'à une année environ. Dès 1987, les publications de Kanwaljeet Anand ont été les plaques révélatrices de photographies peu réjouissantes : dès la 20ème semaine intra-utérine, le foetus a tout ce qu'il faut pour ressentir la douleur. Cependant, son système inhibiteur de la nociception est peu performant. Quand un bébé a mal, il a mal pour longtemps et si la douleur n'est pas tue, l'hypersensibilité se développe. Ces deux réalités ont longtemps contribué à laisser le personnel médical dire qu'un bébé qui pleurait était seulement un bébé qui s'ennuyait. Si aujourd'hui, on ne sait toujours pas exactement comment, combien et quelles seront les traces de ces premières douleurs, on est, par contre, convaincus que les recherches doivent être poursuivies, car il n'est pas exclu que ces phénomènes puissent être mis à jour. Le challenge du contrôle de la douleur en pédiatrie requiert une dualité d'action : 1. Une sélection et une administration appropriée de l'analgésie en relation avec l'intensité de la douleur ; 2. Une modification sélective des facteurs situationnels, émotionnels, comportementaux et familiaux qui exacerbent la douleur en regard de sa source. Les théories du développement nous apprennent que la notion de douleur ne peut avoir la même signification à tous les âges. Pour l'enfant de la période préopératoire, la douleur a uniquement des causes externes et elle est indifférenciée. Une douleur chronique n'est qu'une douleur aiguë qui revient, revient, revient. Les signaux d'alarme biologiques ne sont pas perçus et la douleur est vécue comme une punition. Pour l'enfant de la période des opérations concrètes, la douleur a des causes externes et des conséquences internes. Il y a émergence d'une différentiation entre les douleurs dues aux blessures et celles dues aux maladies. C'est durant cette période de développement que la douleur peut commencer à revêtir des causes psychologiques. Pour le préadolescent et l'adolescent de la période des opérations formelles, la douleur se manifeste à l'intérieur du corps. Il y a différentiation entre les différentes sortes de douleurs et reconnaissance des différentes fonctions signalétiques biologiques. L'évaluation de la douleur a fait des progrès énormes ces dix dernières années. Des outils valides, simples ou complexes, sont maintenant à disposition du personnel, qu'il prenne en charge un enfant accidenté ou malade, atteint d'une manière ponctuelle, récurrente ou chronique. Le Pediatric Pain Coping Inventory (PPCI) est un instrument standardisé pour la mesure systématique des stratégies de faire-face en douleur pédiatrique. Le PPCI a été développé dans le but de faciliter la conduite de programmes de recherche et de traitements, mais aussi pour étayer la compréhension et la démonstration des différences individuelles en matière de perception dans le domaine de la douleur pédiatrique, de comportements face à la douleur, de statuts fonctionnels, et aussi pour donner potentiellement une direction au développement et aux futures recherches dans le domaine des techniques de traitements cognitivo-comportementales en douleur pédiatrique. Cette thèse en présente la traduction et la validation en langue française.