Faculté des lettres et sciences humaines

Western African Student Migration: A Response to the Globalisation of Knowledge

Efionayi-Mäder, Denise ; Piguet, Etienne

In: Revue internationale de politique de développement, 2014, vol. 5, p. 1-12

Tandis que l’Europe mobilise des moyens considérables pour stopper l’immigration irrégulière, une compétition entre Etats se met en place pour attirer les meilleurs cerveaux et faire face au vieillissement démographique. Comment les étudiants africains se positionnent-ils face à ces politiques contradictoires ? Cet article porte sur les projets migratoires internationaux formulés par... Plus

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    Résumé
    Tandis que l’Europe mobilise des moyens considérables pour stopper l’immigration irrégulière, une compétition entre Etats se met en place pour attirer les meilleurs cerveaux et faire face au vieillissement démographique. Comment les étudiants africains se positionnent-ils face à ces politiques contradictoires ? Cet article porte sur les projets migratoires internationaux formulés par les étudiants universitaires de trois pays d’Afrique de l’Ouest (Sénégal, Côte d’Ivoire et Niger). Basée notamment sur un questionnaire auprès de 4000 étudiants, l’étude isole une série de facteurs qui contribuent à susciter des intentions de départ : les réseaux familiaux à l’étranger, le degré d’avancement des études, le manque de confiance dans le futur du pays, l’attitude favorable de la famille, etc. Contrairement à une image répandue dans les médias et les débats politiques des pays industrialisés, les intentions migratoires n’ont rien d’une fuite en avant mais apparaissent réfléchies et proactives. Les étudiants sont relativement bien informés et leurs intentions, visant pour la plupart une migration temporaire, reposent sur une pesée d’intérêts concernant leur formation et leur expérience professionnelle. L’article plaide en conséquence pour une meilleure articulation des politiques de mobilité et de développement, susceptible de valoriser le potentiel migratoire et la soif de connaissance identifiés dans les trois pays étudiés.
    Summary
    While European countries have devoted considerable resources to efforts to block the flow of irregular migration, they have at the same time been vying with one another to attract the best minds and solve the problem of demographic ageing. How do African students navigate through such contradictory policies? This chapter discusses the plans for international migration as expressed by university students from three West African countries (Senegal, Côte d’Ivoire, and Niger). Based in particular on a questionnaire distributed to around 4,000 students, the study identifies a series of factors contributing to students’ intention to migrate: family networks abroad, level of educational attainment, lack of confidence in their country’s future, supportive attitude of family members, etc. Contrary to the widespread assumptions expressed in the media and in policy debates in industrialised countries, ‘migration intentions’ appear to be carefully pondered and proactive in nature, rather than impulsive headlong rushes. Students are relatively well informed, and their intentions to undertake what is mostly temporary migration are based on a weighing of their interests in terms of education and professional experience. This article therefore calls for improved coordination of mobility and development policies to unlock the potential of migration while satisfying the thirst for knowledge identified in the three countries concerned.
    Summary
    Mientras Europa invierte grandes recursos para parar el flujo de la inmigración ilegal, los Estados compiten entre sí para atraer a los mejores talentos y resolver así el problema del envejecimiento de la población. ¿Cómo afrontan los estudiantes africanos estas políticas contradictorias? Este capítulo aborda los planes de emigración internacional de estudiantes universitarios de tres países de África Occidental (Senegal, Costa de Marfil y Níger). El estudio, basado en un cuestionario distribuido a unos 4 000 estudiantes, identifica una serie de factores que llevan a los estudiantes a querer emigrar: las redes familiares en el extranjero, el nivel educativo alcanzado, la falta de confianza en el futuro de sus países, el apoyo de los familiares, etc. Contrariamente a los supuestos generalmente aceptados en los medios de comunicación y en los debates políticos de los países industrializados, más que decisiones impulsivas, las intenciones migratorias son de naturaleza proactiva y fruto de una meditada reflexión. Los estudiantes están relativamente bien informados y sus intenciones migratorias, en la mayoría de los casos, temporales, están basadas en la ponderación de sus intereses en términos de educación y experiencia profesional. Este artículo aboga por tanto por una mejor coordinación de las políticas de movilidad y desarrollo para liberar el potencial de la emigración y satisfacer al mismo tiempo la sed de conocimientos detectada en los tres países estudiados.