Faculté des lettres et sciences humaines

Nomen est omen: Quand s'appeler Pierre, Afrim ou Mehmet fait la différence

Fibbi, Rosita ; Kaya, Bülent ; Piguet, Etienne

(Programme national de recherche Formation et emploi ; PNR43)

Très forte discrimination à l’embauche pour les «secondos» Il ne fait pas bon être Turc ou Yougoslave albanophone en Suisse à la recherche d’un emploi, même si on a un permis C. Mis en concurrence avec un jeune Helvète sorti de la même école au bénéfice d’un CFC identique, les candidats immigrés ont moins de chances de décrocher un emploi. 24% pour les... More

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    Résumé
    Très forte discrimination à l’embauche pour les «secondos»

    Il ne fait pas bon être Turc ou Yougoslave albanophone en Suisse à la recherche d’un emploi, même si on a un permis C. Mis en concurrence avec un jeune Helvète sorti de la même école au bénéfice d’un CFC identique, les candidats immigrés ont moins de chances de décrocher un emploi. 24% pour les Yougoslaves albanophones en Suisse romande sont ainsi discriminés, 30% des Turcs en Suisse alémanique et même 59% des Yougoslaves albanophones dans cette partie du pays. Ces taux sont nettement plus élevés que ceux observés dans d’autres pays européens, notamment l’Allemagne. A compétences égales, ayant effectué toute leur scolarité en Suisse, les jeunes d’origine immigrée provenant des pays hors Union européenne sont clairement mis de côté.

    C’est ce que démontre cette étude scientifique, financée par le Fonds national de la recherche dans le cadre du PNR 43, réalisée par Rosita Fibbi et Bülent Kaya du Forum suisse pour l’étude des migrations et de la population (SFM) et Etienne Piguet, professeur à l’Université de Neuchâtel. L’enquête, réalisée en 2002 et 2003, est basée sur la méthode semiexpérimentale mise au point par l’Organisation Internationale du Travail et déjà utilisée dans nombre de pays européens. Les chercheurs ont répondu avec des postulations fictives à des offres d’emploi réelles parues dans la presse. Ils ont ensuite comparé, pour chaque cas, la réponse obtenue par le candidat suisse avec celle obtenue par le jeune homme d’origine immigrée.
    Zusammenfassung
    Starke Diskriminierung jugendlicher «Secondos» bei der Stellensuche

    Es ist nicht von Vorteil, auf Stellensuche in der Schweiz Türke oder albanischsprechender Jugoslawe (aus dem Kosovo) zu sein – selbst wenn man Inhaber einer C-Bewilligung ist. In Konkurrenz mit einem jungen Schweizer, der dieselbe Schulbank gedrückt und dieselbe Lehre erfolgreich absolviert hat, haben eingewanderte Kandidaten weniger Chancen, eine Arbeitsstelle zu finden. 24% der albanischsprechenden Jugoslawen werden in der Westschweiz auf ihrer Stellensuche diskriminiert; in der Deutschschweiz sind es gar 59% sowie 30% unter den jungen Türken. Diese Prozentsätze sind bedeutend höher als die aus anderen europäischen Ländern wie zum Beispiel Deutschland. Jugendliche mit Migrationshintergrund, die nicht aus der Europäischen Union stammen, werden trotz gleicher Fähigkeiten und identischem Curriculum klar benachteiligt.

    Dies belegt diese wissenschaftliche Untersuchung, finanziert vom Schweizerischen Nationalfonds (SNF) im Rahmen des NFP 43. Sie wurde durchgeführt von Rosita Fibbi und Bülent Kaya vom Schweizerischen Forum für Migrations- und Bevölkerungsstudien (SFM) sowie von Etienne Piguet, Professor an der Universität Neuenburg. Die Studie, die zwischen 2002 und 2003 realisiert wurde, beruht auf der semiexperimentellen Methode, die von der Internationalen Arbeitsorganisation (ILO) bereits in einer Reihe europäischer Länder angewandt worden ist. Die Forscher und Forscherinnen haben mit fiktiven Bewerbungen auf reelle Stellenangebote in der Presse geantwortet. Sie haben sodann die Antworten auf eine Schweizer Kandidatur mit jenen verglichen, die auf Bewerbungen jugendlicher Secondos erfolgt waren.