Faculté des lettres et sciences humaines

"Je demande la naturalisation parce que..." : analyse argumentative des motivations qui ont décidé les candidats à poser une demande de naturalisation

Roellin, Letizia ; Clément, Fabrice (Dir.)

Mémoire de master : Université de Neuchâtel, 2012.

La nouvelle révision de la loi sur la naturalisation a pour but de s’assurer « que seuls les étrangers bien intégrés obtiennent le passeport suisse » (ODM, 2012). Mais qu’est-ce qu’un « étranger bien intégré » ? Jusqu’à présent, des critères de naturalisation clairs dans l’évaluation des candidats sont absents, et, les personnes qui travaillent dans la pratique,... Plus

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    Résumé
    La nouvelle révision de la loi sur la naturalisation a pour but de s’assurer « que seuls les étrangers bien intégrés obtiennent le passeport suisse » (ODM, 2012). Mais qu’est-ce qu’un « étranger bien intégré » ? Jusqu’à présent, des critères de naturalisation clairs dans l’évaluation des candidats sont absents, et, les personnes qui travaillent dans la pratique, détiennent une grande marge de manoeuvre. En Suisse, les migrants ont du mal à faire entendre leur voix parce qu’ils n’ont pas d’organisations qui s’engagent de manière ciblée pour eux (sauf quelque rare exception). Sur la base de ces constations, j’ai décidé de m’adresser directement aux acteurs concernés, notamment les candidats à la naturalisation et découvrir comment ils comprennent la notion d’intégration, et particulièrement, quels sont les critères d’intégration qui sont importants pour eux. Interroger les acteurs directement intéressés en analysant leurs arguments est une raison pour ces étrangers de se faire entendre. Dans le cadre de ce travail, je me suis penchée sur deux aspects différents. En adoptant une approche argumentative, j’ai voulu comprendre en premier lieu, quelles sont les motivations qui encouragent un candidat à vouloir se naturaliser. Ensuite, j’ai vérifié en deuxième lieu, si les motivations exprimées par les postulants remplissaient les conditions présentes dans le test d’aptitude pour l’octroi de la naturalisation. Les résultats obtenus lors de l’analyse de la validité des thèmes des candidats ont montré une nette discordance entre les finalités poursuivies par les postulants et les exigences demandées par la commission de naturalisation. En outre, bien que l’entretien de naturalisation poursuive le but de faire plus ample connaissance et de recueillir des renseignements complémentaires sur le dossier du candidat, il existe un rapport de force entre les exigences de la loi fédérale et les droits revendiqués par les requérants. En fin de compte, ces constatations me portent à mettre en question l’utilité du test d’aptitude lors de l’octroi de la naturalisation.