Faculté des lettres et sciences humaines
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The Car, the Hammer and the Cables under the Tables : Intersecting Masculinities and Social Class in a Swiss Vocational School

Moret, Joëlle ; Duemmler, Kierstin ; Dahinden, Janine

In: European Journal of Sociology, 2017, vol. 58, no. 2, p. 265-293

Basé sur des données ethnographiques, cet article explore la manière dont trois groupes d’apprentis gèrent la production de masculinités dans un contexte spécifique : celui d’une école professionnelle suisse spécialisée dans les métiers de la construction et fréquentée essentiellement par des hommes. Une perspective intersectionnelle et relationnelle est mobilisée pour montrer... Plus

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    Résumé
    Basé sur des données ethnographiques, cet article explore la manière dont trois groupes d’apprentis gèrent la production de masculinités dans un contexte spécifique : celui d’une école professionnelle suisse spécialisée dans les métiers de la construction et fréquentée essentiellement par des hommes. Une perspective intersectionnelle et relationnelle est mobilisée pour montrer comment le contexte institutionnel de l’école – qui reflète des hiérarchies sociales plus larges – influence le travail identitaire de ces jeunes hommes. Les apprentis utilisent trois dichotomies discursives : le travail manuel vs intellectuel ; une hétérosexualité fièrement affichée vs l’homosexualité ; l’âge adulte vs l’enfance. Cependant, les trois groupes emploient ces dichotomies différemment selon leur position dans les hiérarchies internes de l’école, basées sur leur cursus de formation, le métier qu’ils apprennent, et le prestige associé. L’article met en lumière les micro-processus par lesquels les hiérarchies existantes sont internalisées dans l’institution. Il aborde également comment les différentiations internes à l’école et les discours et comportements du personnel contribuent à la (re)production de masculinités de classe spécifiques, posant un regard critique sur le rôle du système éducatif suisse dans le reproduction des inégalités sociales.
    Summary
    Based on ethnographic material, this article explores how three groups of apprentices negotiate masculinities in the specific setting of a male-dominated vocational school in Switzerland dedicated to the building trades. We use an intersectional and relational perspective to highlight how the institutional setting of the school—mirroring wider social hierarchies—influences these young men’s identity work. The apprentices use three discursive dichotomies: manual vs. mental work; proud heterosexuality vs. homosexuality; and adulthood vs. childhood. However, the three different groups employ the dichotomies differently depending on their position in the school’s internal hierarchies, based on their educational path, the trade they are learning and the corresponding prestige. The article sheds light on the micro-processes through which existing hierarchies are internalised within an institution. It further discusses how the school’s internal differentiations and the staff’s discourses and behaviours contribute to the (re)production of specific classed masculinities, critically assessing the role of the Swiss educational system in the reproduction of social inequalities.
    Zusammenfassung
    Ausgehend von ethnografischen Daten untersucht der Artikel, wie drei Gruppen von Lernenden Männlichkeit im spezifischen Kontext einer Schweizer Berufsschule verhandeln, in der hauptsächlich junge Männer verschiedene Bauberufe erlenen. Unsere intersektionale und relationale Perspektive zeigt, wie das institutionelle Schulsetting – das weitere gesellschaftliche Hierarchien widerspiegelt - die Identitätsarbeit der jungen Männer beeinflusst. Die Lernenden mobilisieren drei diskursive Dichotomien: manuelle vs. geistige Arbeit, stolz gezeigte Heterosexualität vs. Homosexualität, Erwachsensein vs. Kind sein. Allerdings gebrauchen die drei Gruppen diese Dichotomien unterschiedlich je nach ihrer Position in der Schulhierarchie, ihrem Bildungsweg, ihrem erlernten Beruf und dem damit verbundenen Prestige basiert. Der Artikel beleuchtet die Mikroprozesse, durch die in einer Institution bestehende Hierarchien internalisiert werden. Diskutiert wird ausserdem, wie die schulinternen Differenzierungen und das Verhalten und die Diskurse des Personals an der Reproduktion klassenspezifischer Männlichkeiten beteiligt sind, wobei das Schweizer Bildungssystem bei der Reproduktion sozialer Ungleichheiten einer kritischen Betrachtung unterzogen wird.