Faculté des lettres et sciences humaines

L'industrie financière en transition : une approche territoriale et institutionnaliste des innovations financières

Salomon, Victoriya ; Crevoisier, Olivier (Dir.) ; Lucia, Maria Giuseppina (Codir.) ; Arnsperger, Christian (Codir.) ; Balsiger, Philipp (Codir.)

Thèse de doctorat : Université de Neuchâtel, 2017.

Les causes et les conséquences de la crise financière globale de 2008 ont profondément marqué les esprits et ont impulsé une transition vers un nouvel ordre économique et financier. La reconfiguration du système financier en Suisse et la création de nouveaux circuits d’investissement, mieux articulés aux dynamiques économiques territoriales, constituaient l’hypothèse de départ de... More

Add to personal list
    Résumé
    Les causes et les conséquences de la crise financière globale de 2008 ont profondément marqué les esprits et ont impulsé une transition vers un nouvel ordre économique et financier. La reconfiguration du système financier en Suisse et la création de nouveaux circuits d’investissement, mieux articulés aux dynamiques économiques territoriales, constituaient l’hypothèse de départ de ce projet de recherche. Inspiré par la Théorie de la Régulation, l’objectif de cette thèse consistait à explorer les processus de transition « par le haut » afin d’identifier de nouvelles modalités d’investissement mises en place par les grands acteurs de la finance, notamment les investisseurs institutionnels. La première étape de cette recherche, centrée sur les stratégies de gestion financière des caisses de pension suisses, a permis de mettre en évidence le phénomène d’hystérésis institutionnelle caractérisé par l’absence d’initiatives de la part des grands investisseurs, d’une part, et par l’échec de nombreuses réformes de régulation financière, d’autre part. Partant de cette constatation, la deuxième étape de ce travail de thèse a été consacrée à l’exploration de « signaux faibles » de la transition « par le bas », ceci à travers des études de cas d’innovations financières issues de la transition numérique (ex. plateformes de crowdinvesting) ou de la transition vers une économie durable (ex. fonds d’investissement durable). Composée de trois articles et d’un « chapeau » introductif, cette thèse a contribué à l’élaboration d’une approche méthodologique et interprétative particulière permettant d’articuler différentes théories de la transition et du changement institutionnel et les cas empiriques d’innovations financières, ceci dans une approche territoriale de la finance. Inscrit en géographie de la finance, le premier article aborde la question de la transition à travers le cas de la finance durable en Suisse. A partir d’une étude de cas des fonds d’investissement durable (ou ISR), cet article traite des liens entre la finance de marché et le territoire en montrant comment la « valeur financière durable » a pu être socialement construite et légitimée par l’industrie financière, grâce à des dispositifs sociotechniques de dé-contextualisation des activités des entreprises financées par ces fonds. Après avoir mis en évidence le nécessaire ancrage territorial des objectifs de développement durable, cet article identifie les mécanismes de validation sociale de la « valeur durable » des produits financiers et souligne leurs limites. Dans le deuxième article, les processus de transition ont été explorés à travers l’exemple emblématique de nouvelles plateformes de financement participatif (ex. crowdinvesting) en tant que nouveaux acteurs d’investissement direct dans des entreprises innovantes. Motivée par le problème de gestion de l’incertitude, cette étude a cherché à comprendre dans quelle mesure ce nouveau modèle d’évaluation de projets d’investissement, mis en place par les plateformes de crowdinvesting, remet en question les approches plus traditionnelles des acteurs majoritaires de la finance directe (sociétés de capital-risque et clubs de business angels). Réalisé en continuité avec l’article précédent, le troisième article de thèse s’est fixé comme objectif d’approfondir la compréhension les particularités des nouvelles modalités d’(é)valuation de startups sur les plateformes de crowdinvesting. Il s’est donc intéressé à identifier et à expliquer la manière dont ces acteurs-plateformes exploitent des dispositifs sociotechniques qui tirent leur avantage des technologies numériques et des réseaux sociaux sur Internet. La partie introductive ou le « chapeau » a été réalisée sous forme de « méta-analyse » afin de mettre en perspective les différentes entrées théoriques, conceptuelles et empiriques articulées aux trois articles de thèse tout en explicitant l’ensemble de la démarche.