Faculté des lettres et sciences humaines

La dislocation à droite revisitée : une investigation interactionniste

Horlacher, Anne-Sylvie ; Pekaret Doehler, Simona (Dir.) ; Apothéloz, Denis (Codir.) ; Couper-Kuhlen, Elizabeth (Codir.) ; De Stefani, Elwys (Codir.) ; Mondada, Lorenza (Codir.)

Thèse de doctorat : Université de Neuchâtel, 2012.

Cette recherche prend pour objet une construction syntaxique communément appelée "dislocation à droite" (par ex. ils sont fous ces Romains) et se propose d’en analyser le fonctionnement dans l’organisation interactionnelle du discours. Ces constructions ont d’abord attiré l’attention de certains linguistes du début du 20ème siècle, qui les interprètent comme une... Di più

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    Résumé
    Cette recherche prend pour objet une construction syntaxique communément appelée "dislocation à droite" (par ex. ils sont fous ces Romains) et se propose d’en analyser le fonctionnement dans l’organisation interactionnelle du discours. Ces constructions ont d’abord attiré l’attention de certains linguistes du début du 20ème siècle, qui les interprètent comme une modification de l’ordre des mots et un phénomène de syntaxe affective. Les dislocations à droite (désormais DD) ont ensuite été traitées par les générativistes, qui les abordent comme des structures dérivées d’un mode de linéarisation de base – représentant un écart par rapport à un ordre des mots (SVO) qui serait neutre. Ces structures ont ensuite été reconsidérées par une approche fonctionnaliste-discursive comme étant liées à la gestion des topics dans le discours. En outre, la littérature fonctionnaliste-discursive a interprété la DD en lien avec l’expression d’un contraste, tout comme elle a insisté sur son rôle de clarification référentielle. Si la DD se retrouve au centre d’un certain nombre d’études, le rôle qu’elle joue dans l’interaction en face-à-face reste encore largement inexploré. Or, dans une perspective interactionniste, ces mêmes constructions sont à envisager comme des ressources grammaticales permettant aux locuteurs d’accomplir des tâches interactionnelles variées. En s’inscrivant dans le courant de la linguistique interactionnelle, issu de l'analyse conversationnelle d'inspiration ethnométhodologique, ce travail montre notamment que les locuteurs mobilisent la DD – de manière incrémentale – afin de répondre à une absence de réponse ou une réponse minimale de la part de l’interlocuteur. En outre, la DD est fréquemment impliquée dans des configurations pivots lorsque les participants effectuent des réajustements référentiels. Ou encore, les locuteurs usent de la DD dans la gestion des topics, notamment sous la forme d’une évaluation générale en vue de clore un topic ou une séquence conversationnelle. Au final, une étude comme celle-ci vise aussi à offrir une nouvelle conceptualisation de la grammaire, entendue comme une ressource à laquelle les interlocuteurs recourent de manière variable, localement implémentée et sensible aux contingences interactionnelles.