Travail social

Voyage au coeur des soins : quand l'éducateur se retrouve "nu" face à l'intimité du bénéficiaire

Moreno, Tanya ; Lovey, Bérénice ; Solioz, Emmanuel (Dir.)

Mémoire de bachelor : HES-SO Valais, 2012.

Une des nombreuses tâches que l’éducateur social est appelé à assumer, est celle des soins. Tout particulièrement dans les institutions pour personnes en situation de handicap. Quand les bénéficiaires ne sont pas capables de réaliser eux-mêmes ces actes de la vie courante, les éducateurs sont alors partie prenante de l’action. Il nous tient à coeur de ne pas oublier que... More

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    Résumé
    Une des nombreuses tâches que l’éducateur social est appelé à assumer, est celle des soins. Tout particulièrement dans les institutions pour personnes en situation de handicap. Quand les bénéficiaires ne sont pas capables de réaliser eux-mêmes ces actes de la vie courante, les éducateurs sont alors partie prenante de l’action. Il nous tient à coeur de ne pas oublier que l’éducateur, tout comme le soignant, est confronté à des corps abîmés, malades, handicapés et que celui-ci doit apprendre à y faire face. L'éducateur est alors amené à effectuer des soins qui demandent une formation spécifique pour les soignants alors que lui n'est pas formé pour cela. Le but de cette recherche est de savoir comment les professionnels et les adolescents en situation de handicap physique vivent la question de l’intimité durant les soins ? Cette question a été posée à 6 professionnels et 4 bénéficiaires. Il en ressort que la difficulté de l’intimité durant les soins est plus présente chez les professionnels que chez les bénéficiaires eux-mêmes. Ceux-ci sont habitués en effet à se faire laver, doucher, changer par différentes personnes depuis leur enfance. Pour le professionnel, la rencontre avec le corps abîmé, l’intimité et donc la sexualité du bénéficiaire sont parfois gênantes, surtout les premières fois. Un réel manque de formation est souligné par l’ensemble des professionnels. Il semble que l’habitude, mais également le fait que ces actes fassent partie du métier d’éducateur social, rassurent les professionnels et les soins deviennent alors des moments certes intimes, mais normaux. Il faut tout de même veiller à garder le côté humain de l’acte de soin et ne pas voir le corps du sujet comme un simple corps à laver. Le respect, la douceur, la connaissance de l’autre, la confiance sont des qualités primordiales durant les soins relevés lors des entretiens. La question de la sexualité qui intervient automatiquement durant le moment de soins, amène à des réflexions. Si les bénéficiaires et les professionnels semblent la vivre relativement bien, cette question amène tout de même le professionnel à poser des limites et des barrières afin que les soins restent des actes d’ordre professionnel et non sexuel. L’habitude et la normalité de l’acte de soins sont également perçues du côté des bénéficiaires. En effet, les soins font partie de la vie des bénéficiaires et sont indispensables, ce qui leur permet de se créer une carapace et d’être blindés durant ce moment. Il ressort de ce travail que les personnes handicapées physiquement de naissance ont plus ou moins un bon rapport à leur corps et appréhendent les soins avec du recul et de la lucidité. Ceci semble plus difficile pour une personne handicapée physiquement suite à un accident ou maladie. Finalement, une bonne relation avec le professionnel fait que le soin est plus agréable. Celui-ci peut même renforcer le lien entre le professionnel et le bénéficiaire, à condition qu’il se déroule dans le respect des deux acteurs.