Travail social

Sanctionner ou pas ? : les travailleurs sociaux face à la sanction des jeunes du SeMo !

Bellaro, Luis ; Pinho, Jorge (Dir.)

Mémoire de bachelor : Haute Ecole de Travail Social, 2011.

L’insertion professionnelle des jeunes est un enjeu crucial dans notre société. Actuellement, on dénombre plusieurs structures actives dans ce domaine qui sont soit basées essentiellement sur la pratique soit fondées principalement sur le scolaire. Dans le canton de Vaud, toutes ces mesures sont financées par divers organes tels que le service de protection de la jeunesse (pour les jeunes... Plus

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    Résumé
    L’insertion professionnelle des jeunes est un enjeu crucial dans notre société. Actuellement, on dénombre plusieurs structures actives dans ce domaine qui sont soit basées essentiellement sur la pratique soit fondées principalement sur le scolaire. Dans le canton de Vaud, toutes ces mesures sont financées par divers organes tels que le service de protection de la jeunesse (pour les jeunes en difficulté), le service de l’emploi (pour les jeunes au chômage), le revenu d’insertion (pour les jeunes âgés de plus de 18 ans et n’ayant pas le droit au chômage) et bien d’autres financeurs. Les semestres de motivations qui ont été créés il y a une quinzaine d’années font partie de ces structures et sont destinés à des jeunes entre 15 et 25 ans se retrouvant sans solution professionnelle. Notre terrain de recherche sera le SeMo Mobilet’ se situant à Renens qui est mandaté par le service de l’emploi, lui-même subventionné par le secrétariat d’Etat à l’économie (SECO). Les participants de cette structure sont en difficulté d’insertion professionnelle, voir même sociale pour certains. Certains de ces jeunes, exclus momentanément du monde professionnel, ne sont pas prêts à être insérés quand ils arrivent dans cette mesure et ont besoin de temps et d’un accompagnement éducatif pour espérer intégrer une formation. Cette recherche se pose la question de la compatibilité du cadre de l’assurance chômage et de celui du service de l’emploi avec la population que les semestres de motivation vaudois accueillent et notamment avec leur système de sanction. Pour ce faire, les conseillers socioprofessionnels du SeMo Mobilet’ ont été interviewés afin de connaitre leur positionnement face au système de sanction de leur structure et de savoir de quelle manière ils l’utilisent. Les résultats de l’analyse démontrent que le mandat des SeMo ne correspond pas à tous les profils de jeunes accueillis. Ce décalage amène des tensions dans la pratique professionnelle des référents des SeMo. En effet, ils se retrouvent tiraillés entre le respect de leur mission et les besoins des participants. Au premier abord, ils ne se sentent donc pas à l’aise avec la sanction et sont tentés de dire qu’elle n’est pas compatible avec leur rôle éducatif. Mais en creusant un peu, on constate qu’elle peut être utile et avoir du sens si elle est utilisée de manière réfléchie. Pour cela, ces professionnels s’appuient sur la marge de manoeuvre dont ils disposent car ils bénéficient, au sein de leur structure, d’une autonomie non-négligeable. De cette autonomie découle une part importante d’interprétation qui est un risque à la catégorisation à l’inégalité de traitement des participants. Pour éviter trop de subjectivité, les référents du SeMo ont mis en place des stratégies et des outils leur servant de « garde fou » et leur permettant ainsi d’être plus objectifs, de garantir un accompagnement égal à chaque jeune et de ne pas tomber dans la violence institutionnelle. Malgré ces alternatives, le système de sanction actuel mériterait d’être revu et modifié par les travailleurs sociaux des SeMo afin qu’il ne soit plus vu comme un outil d’exclusion mais comme un outil éducatif.