Faculté des lettres et sciences humaines

Les partenariats migratoires en Suisse : un changement de paradigme dans la gestion des migrations?

Stirnemann, Cosette ; Piguet, Etienne (Dir.)

Mémoire de master : Université de Neuchâtel, 2012.

Les partenariats migratoires sont un nouvel instrument de la politique migratoire suisse, qui visent à encourager la collaboration entre les Etats dans le domaine de la migration, en poursuivant l’objectif de lutter contre la migration illégale. L’objectif de ce travail est de parvenir à comprendre à quelles logiques répond l’instauration d’un instrument jusqu’ici absent de la... Plus

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    Résumé
    Les partenariats migratoires sont un nouvel instrument de la politique migratoire suisse, qui visent à encourager la collaboration entre les Etats dans le domaine de la migration, en poursuivant l’objectif de lutter contre la migration illégale. L’objectif de ce travail est de parvenir à comprendre à quelles logiques répond l’instauration d’un instrument jusqu’ici absent de la politique migratoire suisse. Cet instrument met en exergue deux orientations de développement dans la problématique de la gouvernance des migrations internationales. Premièrement, nous assistons, depuis le début des années 2000, à une intensification de rencontres informelles au niveau multilatéral, qui poursuivent l’objectif de trouver une solution face à des insatisfactions ressenties dans des approches unilatérales. L’élaboration de principes et de « bonnes pratiques » sont légitimées comme étant le reflet de tous les praticiens exerçant sur la scène internationale. La construction d’une culture globale de la gestion des migrations s’articule autour de discours percevant la migration comme possédant des opportunités, qu’il s’agit de valoriser au travers d’une gestion cohérente et équilibrée, fondée sur le dialogue interétatique. Deuxièmement, nous approchons l’adaptation locale d’une solution d’action publique exogène. Face à des difficultés rencontrées par la Suisse dans la négociation d’accords de réadmission avec les pays d’origine, qui refusent de traiter uniquement de l’aspect du retour, le Conseil fédéral charge le Département fédéral des affaires étrangères et l’Office fédéral des migrations d’étudier la possibilité d’utiliser des composantes de politique extérieure dans le domaine de la migration et du retour. Lier les domaines de compétence en matière de migration pour permettre de défendre les intérêts de la Suisse est organisé au sein même de l’administration fédérale par une approche interdépartementale, dans l’interaction entre des domaines de compétence parfois antagonistes. La coopération internationale apparaît, elle, comme une solution pour maximiser des intérêts qui sont perçus comme unilatéralement insatisfaisants. Un discours global et équilibré avec les pays partenaires a alors légitimé des pratiques, principalement dans le domaine du retour. La problématique de ce travail permet de s’interroger sur un regain d’intérêt pour des considérations internationales dans le développement des politiques migratoires qui, d’abord cantonnées dans une politique intérieure, se retrouve de plus en plus liée à des enjeux de politique extérieure.