Faculté des lettres et sciences humaines

Changement climatique dans les régions de montagnes suisses : une analyse de variables climatiques en lien avec le tourisme

Serquet, Gaëlle ; Rebetez, Martine (Dir.) ; Tissot, Laurent (Codir.) ; Brönnimann, Stefan (Codir.) ; Appenzeller, Christof (Codir.) ; Ceron, Jean-Paul (Codir.)

Thèse de doctorat : Université de Neuchâtel, 2011.

Notre étude du changement climatique dans les montagnes suisses s’inscrit dans le champ de la climatologie appliquée. Elle s’intéresse ainsi à l’évolution des paramètres climatiques susceptibles d’avoir un impact sur le tourisme de montagne en Suisse en lien avec le changement climatique. L’évolution des précipitations neigeuses, les facteurs qui influencent l’enneigement des... Plus

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    Résumé
    Notre étude du changement climatique dans les montagnes suisses s’inscrit dans le champ de la climatologie appliquée. Elle s’intéresse ainsi à l’évolution des paramètres climatiques susceptibles d’avoir un impact sur le tourisme de montagne en Suisse en lien avec le changement climatique. L’évolution des précipitations neigeuses, les facteurs qui influencent l’enneigement des pistes de ski ainsi que l’influence des périodes de grandes chaleurs sur la fréquentation touristique de montagne y sont abordés. Notre analyse des précipitations neigeuses montre une diminution généralisée des proportions de jours de précipitations neigeuses par rapport aux jours de précipitations totales aux altitudes inférieures à 1700 m durant les dernières décennies. Elle montre également qu’actuellement les proportions de décembre, janvier et février correspondent à celles de novembre et mars des années 1960. Un décalage d’environ un mois a ainsi eu lieu durant ces cinquante dernières années. Les stations de ski ayant tout ou une partie de leur domaine skiable à des altitudes inférieures à 1700 m sont concernées. Dans le but de mieux définir les besoins en enneigement des stations de ski, notre étude a identifié les facteurs clés qui influencent l’enneigement minimal requis pour ouvrir une piste de ski. Un nombre important de facteurs climatiques, géomorphologiques et humains ont ainsi été mis en évidence. Il s’agit de l’altitude, des quantités de précipitations régionales, de la rugosité du sol, de l’orientation et de la déclivité de la pente, de la fréquentation et de la préparation des pistes ainsi que des possibilités d’enneigement artificiel. Notre analyse de la fréquentation hôtelière domestique estivale montre que les températures élevées à basse altitude ont un impact sur le nombre de nuitées engendrées par le tourisme domestique. L’ensoleillement en montagne, quant à lui, joue un rôle moins important pour la plupart des stations à l’exception de celles des Grisons. Nous avons également mis en évidence une réactivité des nuitées hôtelières domestiques aux températures en plaine qui varient suivant les stations étudiées. Les différences observées s’expliquent potentiellement par la distance des stations à un grand centre urbain. Plus largement, nos résultats suggèrent que les stations touristiques des Alpes pourraient bénéficier de l’augmentation future des températures. Le changement climatique pourrait, dans certaines conditions et dans une certaine mesure, offrir de nouvelles opportunités aux stations touristiques de montagnes. Enfin, notre revue de la littérature a montré un manque de résultats en ce qui concerne les recherches en climatologie appliquée au tourisme de montagne. Même si notre travail de thèse a permis de combler certaines lacunes concernant la compréhension de l’évolution des différentes variables climatiques favorables à la pratique des activités touristiques en montagne, de nombreuses questions demeurent. En conclusion, nous proposons ainsi plusieurs axes d’études qui permettraient d’approfondir les connaissances en ce domaine.