Orientation sexuelle : conséquences sur les pratiques professionnelles des assistantes sociales

Duvernay, Elena ; Lahotte, Linda ; Anderfuhren, Marie (Dir.)

Mémoire de bachelor : Haute école de travail social de Genève, 2011.

La visibilité des personnes homosexuelles en Suisse n’a cessé d’augmenter ces dernières années, notamment grâce à la nouvelle constitution suisse de 2000 qui inclut la non discrimination de tout individu en raison de « son mode de vie », l’organisation de gayprides depuis 1979 et l’approbation de la loi sur le partenariat enregistré en 2005, la Lpart, qui offre un statut légal... Plus

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    Résumé
    La visibilité des personnes homosexuelles en Suisse n’a cessé d’augmenter ces dernières années, notamment grâce à la nouvelle constitution suisse de 2000 qui inclut la non discrimination de tout individu en raison de « son mode de vie », l’organisation de gayprides depuis 1979 et l’approbation de la loi sur le partenariat enregistré en 2005, la Lpart, qui offre un statut légal aux couples homosexuels. Pourtant, tous les gays et toutes les lesbiennes ne sont pas visibles. Dans le domaine professionnel, ces personnes semblent éprouver des difficultés pour révéler leur orientation sexuelle. Qu’en est-il pour les assistantes sociales lesbiennes ? Quelles conséquences peut avoir leur homosexualité cachée ou dévoilée sur leurs pratiques professionnelles ? En comparaison, les assistantes sociales hétérosexuelles se réfèrent-elles naturellement à leur vie privée pour établir des relations avec la hiérarchie, les collègues et les usagers ? Pour tenter de répondre à ces questions, nous avons interviewé trois assistantes sociales homosexuelles et trois assistantes sociales hétérosexuelles vivant et travaillant en Suisse Romande. La grille d’entretien a été établie pour mettre en évidence la manière dont chacune d’entre elles évoque ou dissimule sa vie privée sur leur lieu de travail lors des relations avec les collègues, la hiérarchie et les usagers. La maturité du processus d’acceptation de soi ne semble pas garantir que les assistantes sociales lesbiennes puissent révéler sereinement leur orientation sexuelle à leur collègues, encore moins aux usagers. En effet, le besoin de se protéger face à des discriminations potentielles paraît encore très présent chez ces professionnelles. En ce qui concerne les personnes hétérosexuelles, parler de leur vie privée dans un contexte professionnel semble moins facile et moins évident que nous ne le supposions initialement.