Processus de formalisation de l'aide sociale individuelle : obligation de contracter et pédagogie du projet : des logiques antinomiques au service de l'émancipation ou de l'assujettissement des publics assistés ?

Vouillamoz Galland, Myriam ; Delessert, Yves (Dir.)

Mémoire de diplôme HES : Haute école de travail social de Genève, 2010.

La présente exploration porte sur le phénomène de contractualisation de l’aide sociale observé en Europe depuis une vingtaine d’années et, plus récemment, en Suisse. L’analyse s’intéresse plus spécifiquement au dispositif méthodologique utilisé dans le cadre de l’aide sociale individuelle, et mis en oeuvre au sein d’institutions publiques ayant un mandat d’assistance.... Plus

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    Résumé
    La présente exploration porte sur le phénomène de contractualisation de l’aide sociale observé en Europe depuis une vingtaine d’années et, plus récemment, en Suisse. L’analyse s’intéresse plus spécifiquement au dispositif méthodologique utilisé dans le cadre de l’aide sociale individuelle, et mis en oeuvre au sein d’institutions publiques ayant un mandat d’assistance. Ce modèle s’incarne dans la figure du Contrat contenant un projet individualisé d’intégration sociale qui allie l’obligation de contracter à celle de faire projet. Il est apparu dans le contexte des politiques d’activation et des pratiques incitatives s’adressant aux publics assistés dans le but d’une sortie plus rapide de l’assistance. Mon étude se propose d’interroger la nature et la fonction de ces contrats d’intégration. Ne sont- ils que des outils en travail social ou sont-ils aussi les instruments au service d’une régulation systémique ? Ainsi, la dimension centrale qui sera explorée est la dimension politique du travail social et du système pédagogique qu’il met en oeuvre en s’appuyant sur un dispositif méthodologique précis. L’analyse se décline en trois volets. Le premier s’ouvre sur les contextes d’émergence du phénomène afin de cerner le projet politique et le soutènement idéologique. Le second porte sur l’étude du dispositif méthodologique, ses natures, fonctions, valeur et portée pédagogique. Seront étudiés non seulement les risques mais aussi les opportunités. Le troisième volet propose une incursion dans un contexte et une pratique spécifique, celle du Contrat d’aide sociale individuel (CASI) au sein de l’Hospice général à Genève. Comment ce modèle d’action est-il intégré dans la pratique, que nous dira-t-il des modes de socialisation qui sont à l’oeuvre, permettra-t-il de mener à bien le projet éducatif du travail sur autrui qui vise l’instauration d’un individu autonome et responsable ? Constituera-t-il, pour le travail social institué, l’opportunité de passer d’un travail sur autrui à un travail avec autrui ? Et, ultimement, sera-t-il l’outil au service de l’émancipation des publics assistés ou l’instrument de leur assujettissement ?