Faculté des sciences

Costs, benefits and exploitation of caterpillar-induced odour emissions in maize plants

Fritzsche Hoballah, Maria Elena ; Rahier, Martine (Dir.)

Thèse de doctorat : Université de Neuchâtel : 2002 ; 1608.

Face aux attaques d'insectes phytophages, les plantes produisent des substances volatiles qui servent de signaux aux ennemis naturels de leurs ravageurs. De nombreux progrès ont été fait dans la compréhension des causes et des effets de ce mode indirect de défense induit chez les plantes. De nombreuses études ont démontré l'attraction des parasitoïdes et des prédateurs aux signaux... Plus

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    Résumé
    Face aux attaques d'insectes phytophages, les plantes produisent des substances volatiles qui servent de signaux aux ennemis naturels de leurs ravageurs. De nombreux progrès ont été fait dans la compréhension des causes et des effets de ce mode indirect de défense induit chez les plantes. De nombreuses études ont démontré l'attraction des parasitoïdes et des prédateurs aux signaux odorants provenant des différents complexes plante / ravageurs. Les réponses se placent dans un contexte qualitatif et quantitatif de la variabilité du mélange des odeurs selon les espèces de plantes et les variétés attaquées par les différents ravageurs. Des études physiologiques sur les modèles biochimiques, les enzymes, et les gènes impliqués dans la production de ces volatiles ont été conduites. Malgré cela beaucoup de questions sur la signification écologique de cette défense et son application dans le contrôle des ravageurs demeurent irrésolus. Nous avons testé et estimé les coûts (production des volatiles) et les bénéfices (attraction des parasitoïdes) de cette défense du point de vue de la plante, avec le système tritrophique maïs (Zea mays) / chenille (Spodoptera spp.) / parasitoïde (Cotesia marginiventris). Si les plantes sont attaquées par une chenille parasitée plutôt qu'une chenille saine (non parasitée), la production de graines est plus forte, et ne diffère pas de la production d'une plante non attaquée. Dans ce contexte, les plants de maïs attaqués par les chenilles peuvent bénéficier de l'action du parasitoïde (chapitre 1). De plus, la production des volatiles induite chez de jeunes plants de maïs lors de la période couvrant le développement des chenilles n'affecte pas leur éventuelle production de graines ; ceci indique un faible coût à la production de cette défense (chapitre 3). Les coûts de la production de ces volatiles induits par les herbivores semblent donc contrebalancés par les bénéfices quand l'ennemi naturel du ravageur est attiré. Ceci est important si nous voulons exploiter cette défense indirecte pour améliorer le contrôle biologique dans les régions oú Spodoptera spp. est une importante peste du maïs. Pour mieux estimer la réalisation de cette approche, une étude des ennemis naturels de S. frugiperda et leur potentialité à réduire l'alimentation des chenilles a été menée au Mexique dans des champs de maïs (chapitre 2). C. marginiventris est une guêpe endoparasite, solitaire et généraliste. Elle parasite volontiers Spodoptera frugiperda et est très sensible aux odeurs induites du maïs. Elle représente donc un agent de contrôle biologique dont l'efficacité peut être accrue en augmentant l'attractivité des plantes. L'attraction de cette guêpe par les volatiles induits à partir de différentes variétés spécifiques de maïs a été testée dans cette étude. Il a été trouvé que non seulement la quantité, mais aussi la qualité du mélange d'odeurs sont importantes (chapitre 4). De plus, il a été déterminé que les green leaf volatiles communément relachés par beaucoup de plantes sous l'effet de dommages récents, sont cruciaux pour l'attraction initiale des femelles inexpérimentées de C. marginiventris (chapitre 5). Ces volatiles induits peuvent aussi bénéficier aux plantes comme moyen de défense directe contre les pathogènes grâce à des propriétés antibiotiques. Nous avons testé cette hypothèse avec le mildew Peronosclerospora sorghi, un pathogène commun du maïs. Nous n'avons cependant pas pu démontrer que ce pathogène était affecté par les volatiles (anexe). En conclusion, cette thèse apporte quelques réponses aux questions concernant l'adaptation des volatiles induits par les herbivores et leur potentialité à contrôler favorablement les insectes ravageurs
    Summary
    In response to phytophagous insect-attack, plants produce volatiles that can serve as cues for natural enemies of herbivores to locate their host or prey. A considerable progress has been made in understanding the causes and effects of this induced indirect plant defence. Many studies have demonstrated the attraction of parasitoids and predators to odor cues from different plant-herbivore complexes and have placed the responses in the context of qualitatively and quantitatively variability in odor blends among plant species and varieties attacked by different herbivores. Plant physiological studies on the biochemical pathways, enzymes and genes involved in the induced volatile production have been conducted. Despite of the numerous studies concerning this indirect defence, many questions on its ecological significance and applicability for pest control remain unanswered. We tested the costs and benefits of the induced production of volatiles from the viewpoint of the plant. With the tritrophic system maize (Zea mays)-armyworm (Spodoptera spp.)-parasitoid (Cotesia marginiventris), benefits of attracting parasitoid and costs for the production of volatiles were assessed. If plants are attacked by a parasitized rather than a healthy (unparasitized) caterpillar seed production is higher and is not different from the seeds produced by unharmed plants. In this respect, maize plants attacked by caterpillars can benefit from the action of this parasitoid (Chapter 1). Moreover, inducing young plants to produce the volatiles, for a period that corresponds with caterpillar development, does not affect their eventual seed production indicating a low cost for the production of this defence (Chapter 3). Benefits seem to counterbalance the costs of herbivore-induced volatile production when natural enemies that reduce herbivory are attracted. This is important if we want to exploit this indirect defence to enhance biological control in countries where Spodoptera spp. is an important pest on maize. To further assess the feasibility of this approach, a survey of S. frugiperda natural enemies and their potential in reduce feeding by caterpillars was conducted in Mexico, in lowland maize fields (Chapter 2). The wasp C. marginiventris is a generalist, solitary endoparasitoid that readily parasitizes Spodoptera spp. and is highly responsive to induced maize odors, and could therefore be a biological control agent who's effectiveness can be enhanced by increasing plant attractiveness. Attraction of this wasp to induced volatiles from several specific maize varieties was tested in the present study and it was found that quality and not only quantity of the odor blends is important (Chapter 4). Furthermore, it was determined that green leaf volatiles, which are commonly released by most plants upon fresh damage, are crucial for the initial attraction of C. marginiventris inexperienced females (Chapter 5). Induced volatiles could also benefit plants as direct defence against plant pathogens, with antibiotic properties. We tested this hypothesis with downy mildew, Peronosclerospora sorghi, a common pathogen on maize, however, we found no evidence that this pathogen is affected by the volatiles (Annexe). The present thesis provides some answers to questions concerning the adaptiveness of herbivore-induced volatiles and their potential to enhance the control of insect pests