Faculté des sciences

Geospatial modelling of the glacial archaeological potential of the Pennine Alps

Rogers, Stephanie R. ; Collet, Claude (Dir.)

Thèse de doctorat : Université de Fribourg, 2014 ; no 1858.

Les humains fréquentent les environnements froids et englacés depuis des milliers d'années, comme passage permettant de relier deux régions ou dans le but d’en exploiter les ressources. Dans certaines zones de haute montagne et situées sous les hautes latitudes, la fonte et le retrait des glaciers, des névés et du pergélisol, liés à des changements climatiques récents, a ainsi permis... Plus

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    Résumé
    Les humains fréquentent les environnements froids et englacés depuis des milliers d'années, comme passage permettant de relier deux régions ou dans le but d’en exploiter les ressources. Dans certaines zones de haute montagne et situées sous les hautes latitudes, la fonte et le retrait des glaciers, des névés et du pergélisol, liés à des changements climatiques récents, a ainsi permis la découverte, souvent accidentelle, d’artéfacts et de restes archéologiques. Ces découvertes ont éveillé l’intérêt des archéologues pour ces régions englacées et ont ainsi contribué au développement de l’archéologie glaciaire. Le but des recherches dans ce domaine étant de collecter et de conserver ces objets uniques, fraîchement libérés des glaces, avant qu’ils ne disparaissent pour toujours. Les Alpes pennines désignent la région comprise entre le canton du Valais en Suisse et les provinces d'Aoste et du Piémont en Italie. En raison de l’étendue des masses glaciaires et de sa longue histoire culturelle qui a débuté au mésolithique (12'000-9'000 années BP), cette région représente un grand intérêt pour l'archéologie glaciaire. Les cols de hautes altitudes situés à la frontière entre la Suisse et l'Italie ont servi de routes commerciales, ainsi que de voie de migration depuis des milliers d'années. Des objets archéologiques, mis à jour par le retrait glaciaire sur les cols et dans leurs environs, apportent des indices quant à leur utilisation historique et préhistorique. Or, ces artéfacts, étant fréquemment de composition organique (comme le bois ou les pièces de vêtements), se décomposent rapidement au contact de l'air. Il y a par conséquent une urgence de les collecter avant qu'ils ne se dégradent. Toutefois, ces sites potentiels sont souvent situés à une altitude élevée et donc inaccessibles, ce qui rend difficile toute prospection systématique et représente donc un défi pour les archéologues. Pour répondre à ce défi, et dans le but d’identifier les zones de fort potentiel archéologique dans les Alpes pennines, cette thèse de doctorat se base sur les analyses géospatiales. Ces dernières ont la particularité de permettre l’intégration à la fois des informations géographiques, historiques et archéologiques. L’outil développé, basé sur des systèmes d'information géographique (SIG, ou GIS en anglais) et des méthodes d’étude glaciologiques, a pour ambition, à terme, de permettre de localiser, de collecter et finalement de conserver ces artéfacts archéologiques uniques libérés des glaces. Une approche intégrative utilisant différentes méthodes géospatiales a été développée. Elle inclut deux types d’analyses spatiales, l’analyse du trajet optimal, et l’analyse de localisation, ainsi que des modélisations du retrait glaciaire. Cette approche permet d’identifier les zones archéologiques les plus intéressantes et de proposer des zones de prospection de quelques kilomètres carrés chacune. Trente et un cols d’intérêt pour l’archéologie glaciaire ont notamment été identifiés dans les Alpes pennines. Lors d'une prospection, un objet datant de l'âge du Bronze a été découvert dans une des zones définies, jusqu'à là inconnue aux archéologues et historiens. Ainsi, la méthodologie développée dans cette recherche fournit un outil d’aide à la décision aux archéologues, afin qu’ils puissent cibler et mener des campagnes de prospection sur les secteurs les plus prometteurs.