Faculté de médecine

Les lesbiennes en consultation gynécologique : enquête qualitative en Suisse romande = Lesbians and gynecological care: qualitative survey in French-speaking Switzerland

Berrut, Sylvie ; Stoll, Beat (Dir.) ; Jeannot, Emilien (Codir.)

Mémoire de Master Advanced Studies (MAS) : Université de Genève, 2016 ; 72755820030512.

On estime qu’au moins 1% des femmes s’identifient comme lesbiennes et qu’entre 3 et 6% ont eu une partenaire féminine, ce qui, au niveau suisse représenterait au moins 30'000 lesbiennes et entre 100'000 et 200'000 femmes ayant du sexe avec des femmes (FSF). De nombreuses recherches montrent que les lesbiennes recourent moins régulièrement au contrôle gynécologique que les autres... Plus

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    Résumé
    On estime qu’au moins 1% des femmes s’identifient comme lesbiennes et qu’entre 3 et 6% ont eu une partenaire féminine, ce qui, au niveau suisse représenterait au moins 30'000 lesbiennes et entre 100'000 et 200'000 femmes ayant du sexe avec des femmes (FSF). De nombreuses recherches montrent que les lesbiennes recourent moins régulièrement au contrôle gynécologique que les autres femmes et qu’une partie d’entre elles rapportent des expériences de lesbophobie lors des consultations. Ceci peut entraîner un sous-dépistage, des traitements tardifs et des complications, notamment en ce qui concerne le cancer du col de l’utérus et les infections sexuellement transmissibles (IST). L’objectif principal de cette recherche était, à l’aide de groupes focus menés avec des lesbiennes et d’entretiens auprès de gynécologues, d’identifier ce qui pourrait encourager les femmes homosexuelles à effectuer des contrôles gynécologiques réguliers et à améliorer leur expérience de consultation. Il en ressort que les lesbiennes ne perçoivent pas toujours l’utilité des contrôles gynécologiques perçus comme fortement liés aux rapports hétérosexuels et qu’elles ont souvent l’impression que les gynécologues sont mal informés sur la thématique de l’homosexualité féminine et notamment sur les risques d’IST entre femmes. Le manque de signes explicites d’ouverture à l’homosexualité féminine est également jugé problématique. Les gynécologues rencontrées ont confirmé que l’orientation sexuelle faisait très rarement partie de l’anamnèse et qu’il serait nécessaire d’inclure le thème de l’homosexualité féminine dans la formation des gynécologues, les guidelines et les congrès de gynécologie.
    Summary
    Globally, it is estimated that at least 1% of women identify as lesbian and that between 3 and 6% have had a female partner. For Switzerland this represents at least 30’000 lesbian women and between 100’000 and 200’000 women who have sex with women (WSW). A number of studies show that lesbians have less regular gynecological checkups than other women and that some of them report experiences of lesbophobia during the consultation. This can lead to under-screening, delayed care and complications, notably concerning cervical cancer and sexually transmitted infections (STIs). The main objective of this research was to identify, through focus groups with lesbian women and interviews of gynecologists, what could encourage lesbians to have regular gynecological checkups and improve their overall consultation experience. We found that lesbian women do not necessarily perceive the use of gynecological checkups as they are viewed as strongly associated with heterosexual sex. They often have the impression that gynecologists are not well informed about female homosexuality, particularly with regard to STI risks between women. The lack of explicit signs of openness to female homosexuality is also viewed as problematic. The gynecologists confirm that sexual orientation is very rarely part of the history taking of patients and that it would be necessary to include the topic of female homosexuality in gynecological trainings and in guidelines and congresses in gynecology.