Travail social

La pratique sportive institutionnelle pour des jeunes en rupture sociale

Bregnard, benjamin ; Jurisch Praz, Sarah (Dir.)

Mémoire de bachelor : Haute Ecole de Travail Social, 2015.

Le processus de socialisation de l’individu doit allier contrainte et autonomie, inculcation et appropriation de normes et de valeurs sociales. Cette complémentarité se retrouve dans deux types de pratiques sportives : l’institutionnalisé et l’auto-organisé. La pratique institutionnalisée s’effectue au sein de clubs sportifs. L’encadrement imposé par l’adulte est strict et... More

Add to personal list
    Résumé
    Le processus de socialisation de l’individu doit allier contrainte et autonomie, inculcation et appropriation de normes et de valeurs sociales. Cette complémentarité se retrouve dans deux types de pratiques sportives : l’institutionnalisé et l’auto-organisé. La pratique institutionnalisée s’effectue au sein de clubs sportifs. L’encadrement imposé par l’adulte est strict et contraignant pour les participant-e-s. La pratique auto-organisée correspond au « sport de rue ». L’activité est gérée et organisée librement par les pratiquant-e-s leur permettant de développer leur autonomie. Le sport favorise ainsi l’apprentissage de la socialisation et semble donc avoir des effets éducatifs. Ce travail de recherche vise à découvrir l’utilisation de la pratique sportive par des professionnel-le-s de l’éducation au sein d’institutions accueillant des jeunes en rupture sociale. Les principaux résultats démontrent que l’activité sportive s’apparente à une pratique institutionnalisée, structurée sous une forme de contrainte avec un encadrement clairement défini par l’équipe éducative. La part de responsabilité et d’autonomie des jeunes est faible voire inexistante, ce qui ne permet pas d’entrevoir une pratique auto-organisée. L’organisation des activités sportives institutionnelles favorise davantage l’inculcation de normes et de valeurs que l’appropriation de celles-ci. Au niveau de la professionnalité, dans une majorité d’institutions de l’enquête, la pratique sportive n’est pas construite à partir d’un projet avec des objectifs éducatifs. Le but recherché par certains professionnel-le-s est de favoriser un contexte ludique et de défoulement. Le sport n’est pas considéré comme un outil éducatif et ne correspond pas à la mission institutionnelle qui vise à intégrer et à insérer des jeunes en rupture sociale. La pratique sportive étant utilisée uniquement comme une activité de défoulement amène une difficulté liée à la motivation des jeunes qui ressentent peu de plaisir à pratiquer ce genre d’activité. L’implication des participant-e-s dans un projet en lien avec le sport susciterait leur intérêt et leur accorderait davantage de responsabilités. Ce manque de motivation est dû également à l’encadrement contraignant qui caractérise la pratique sportive institutionnelle. L’utilisation du sport auto-organisé offrirait ainsi une certaine liberté aux jeunes et leur permettrait de s’impliquer dans un éventuel projet. Un exemple d’une activité auto-organisée est présenté dans ce travail et illustre l’organisation de cette pratique et les effets sur les participant-e-s. Cet exemple pourrait se transposer au sein d’une institution sociale afin de favoriser l’autonomie et le processus de socialisation des jeunes avec la pratique sportive.