Faculté des lettres

Âge et apprentissage des langues à l’école : Revue de littérature = Alter und schulisches Fremdsprachenlernen: Stand der Forschung

Berthele, Raphael ; Lambelet, Amelia

(Rapports du Centre scientifique de compétence sur le plurilinguisme)

La publication de cette revue de la littérature concernant l’enseignement précoce ou plus tardif des langues étrangères à l’école intervient au moment où a lieu en Suisse une intense discussion politique portant sur l’enseignement des langues étrangères au primaire. En raison de ce fait, il nous semble important de clarifier le contexte ainsi que la portée effective de la... More

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    Résumé
    La publication de cette revue de la littérature concernant l’enseignement précoce ou plus tardif des langues étrangères à l’école intervient au moment où a lieu en Suisse une intense discussion politique portant sur l’enseignement des langues étrangères au primaire. En raison de ce fait, il nous semble important de clarifier le contexte ainsi que la portée effective de la présente étude. Cette revue de la littérature fait partie du programme de travail du Centre scientifique de compétence sur le plurilinguisme. Son élaboration fait suite aux discussions préliminaires au programme de travail menées avec différents membres du groupe de pilotage du Centre de compétence ; discussions desquelles est ressortie la nécessité d’une vue d’ensemble des études (suisses et internationales) sur cette question. L’une des raisons évoquées de ce besoin consistait en effet en le choix sélectif d’études fait par certains acteurs pour justifier leurs prises de position en faveur ou en défaveur de l’enseignement précoce des langues étrangères. Il existe différentes raisons et facteurs parlant en faveur d’un enseignement précoce des langues étrangères. L’enseignement précoce d’une deuxième langue nationale peut par exemple se justifier d’un point de vue symbolique et politique. Les décisions prises par nos voisins européens pour une implémentation de l’enseignement des langues étrangères plus tôt dans le curriculum peuvent aussi jouer un rôle. Une sensibilisation précoce à la diversité linguistique peut par ailleurs se justifier dans une perspective pédagogique ou de politique éducative. Il est aussi souvent argumenté qu’un enseignement plus précoce permet d’atteindre des niveaux de compétence plus élevés en fin de scolarité obligatoire. Dans le même ordre d’idées, il est souvent argumenté que les enfants plus jeunes apprennent les langues plus rapidement, plus facilement, ou de manière plus ludique que les enfants plus âgés. Notre rapport porte exclusivement sur les deux derniers points de cette liste non exhaustive de raisons parlant en faveur d’un enseignement précoce des langues. Y sont discutées en profondeur les études empiriques existant sur cette question. Bien entendu, toutes les études mentionnées dans cette revue de la littérature ne sont pas de qualité équivalente. Pourtant, en raison du faible nombre de recherches scientifiques existant sur ce sujet, nous avons pris le parti de toutes les inclure dans le rapport, en en discutant les lacunes méthodologiques là où cela est nécessaire. Nous tenons à souligner que cette revue de la littérature ne permet pas de répondre à toutes les questions actuellement débattues : par exemple, l’apprentissage de deux langues étrangères à l’école obligatoire ne fait pour l’instant pas l’objet de beaucoup de recherches empiriques. De la même manière, la question du choix de la langue à enseigner en priorité dans les cantons alémaniques ne peut pas être résolue sur la base des études existantes. La question de savoir si une approche didactique innovante, par exemple laissant une plus grande place au plurilinguisme, pourrait amener à de meilleurs résultats qu’un enseignement traditionnel se situe également en dehors du champ d'application de cet aperçu (cette question est d’ailleurs largement inexplorée). Par ailleurs, les effets sur le long terme (i.e. passé la scolarité obligatoire) d’un enseignement précoce des langues étrangères, ainsi que les effets de celui-ci sur la motivation des élèves à apprendre les langues étrangères, ou la transférabilité de celui-ci à d’autres langues, sont pour l’instant peu investigués. La portée effective de ce rapport est donc relativement restreinte. Il est pourtant à noter que, contrairement à d’autres matières scolaires où cette question n’est jamais évoquée, la question de l’âge idéal pour commencer l’enseignement des langues étrangères est régulièrement débattue et constitue un enjeu important pour la planification des politiques éducatives. Parallèlement, contrairement aux autres disciplines scolaires, il existe dans le domaine des langues étrangères un certain nombre d’études scientifiques ayant généré des résultats empiriques. Nous espérons donc que notre panorama de ces résultats empiriques contribuera à un débat plus factuel ainsi qu’à la génération d’attentes et d’objectifs réalistes.
    Zusammenfassung
    Dieser Überblick über Studien zum früheren oder späteren Fremdsprachenunterricht wird zu einem Zeitpunkt publiziert, in dem in der Schweiz eine angeregte politische Diskussion über die Organisation und Gestaltung des Fremdsprachenunterrichts in der Primarschule stattfindet. Es erscheint uns deshalb wichtig, den Kontext und den Geltungsbereich des publizierten Textes zu klären. Die Studie ist Teil des Arbeitsprogramms des nationalen Kompetenzzentrums für Mehrsprachigkeit. Vorbereitende Diskussionen zu diesem Arbeitsprogramm mit Vertreterinnen und Vertretern der Steuerungsgruppe des Kompetenzzentrums zeigten, dass in der Wissenschaft und in der Bildungspolitik Bedarf besteht für einen Überblick über die zum Thema vorliegenden Studien (national und international). Dies nicht nur, aber auch, weil bestimmte Akteure, die sich öffentlich für oder gegen den Frühbeginn des Fremdsprachenunterrichts aussprechen, Studien selektiv zitieren, um ihre jeweiligen Anliegen durchzusetzen. Es gibt unterschiedlichste Gründe und Faktoren, die für die frühere Einführung des Fremdspra-chenunterrichts sprechen. Aus politisch-symbolischer Perspektive kann der frühere Beginn des Unterrichts einer zweiten Landessprache angezeigt sein. Die Entscheidungen in der europäischen Nachbarschaft zur Vorverlegung des Beginns des Fremdsprachenunterrichts können eine Rolle spielen. Es kann ein bildungspolitisches und pädagogisches Anliegen sein, Kinder möglichst früh für sprachliche Diversität zu sensibilisieren. Als Argument für den früheren Beginn wird auch oft angeführt, dass dieser im Vergleich zum späteren Beginn das Erreichen von höheren Kompetenzen am Ende der obligatorischen Schulzeit ermöglicht. Häufig wird gleichzeitig argumentiert, dass jüngere Kinder Sprachen schneller, müheloser oder spielerischer lernen als ältere. Unser Bericht geht ausschliesslich auf diese letzten beiden Punkte der unvollständigen Aufzählung von Gründen ein. Er diskutiert die Studien, die zu diesem Thema vorliegen. Nicht alle dieser Studien sind aus methodischer Sicht gleich gut gemacht. Angesichts der recht kleinen Zahl von verfügbaren Texten haben wir alles, was vorliegt, berücksichtigt; offenkundige methodische Probleme werden, wo nötig, diskutiert. Ausgehend von dieser Literatur können also zu vielen aktuell brennenden Fragen keine Aussagen gemacht werden: Das Lernen von zwei Fremdsprachen in der obligatorischen Schule ist schlecht bis nicht untersucht. Die Frage, welche Sprache in der deutschen Schweiz zuerst als Fremdsprache unterrichtet werden soll, kann auf Basis dieser Studien nicht beantwortet werden. Ob eine innovative, beispielsweise mehrsprachig angelegte Fremdsprachendidaktik zu markant besseren Resultaten führen würde als ein eher traditionell gestalteter Unterricht, liegt ebenfalls ausserhalb des Geltungsbereichs dieses Überblicks (diese Frage ist weitestgehend unerforscht). Auch Auswirkungen des früheren Beginns auf langfristige, auf andere Sprachen transferierbare oder motivationelle Aspekte des Sprachenlernens der Schülerinnen und Schüler sind bisher unerforscht. Der Geltungsbereich dieses Berichts ist also recht eng. Im Unterschied zu anderen Schulfächern, wo die Frage nach dem besten Alter für den Lernbeginn selten gestellt wird, ist im Bereich des Fremdsprachenlernens genau diese Frage ein wiederkehrendes und für die Bildungsplanung offensichtlich wichtiges Thema, zu dem zumindest einige Studien existieren, die Erkenntnisse hervorgebracht haben. Wir hoffen, dass unser Überblick über diese Erkenntnisse zu einer sachlichen Debatte um das schulische Sprachencurriculum, aber auch zu realistischen Zielsetzungen und Erwartungen beitragen wird.
    Riassunto
    La pubblicazione di questa rassegna della letteratura sull’insegnamento più precoce o più tardivo delle lingue straniere a scuola giunge in un momento in cui ha luogo in Svizzera un’intensa discussione politica sull’insegnamento delle lingue nella scuola primaria. Per questo motivo ci pare importante chiarire il contesto e la portata effettiva del presente studio. Questa rassegna della letteratura fa parte del programma di lavoro del Centro scientifico di competenza per il plurilinguismo. È stata elaborata in seguito alle discussioni preliminari al programma di lavoro che sono avvenute tra i diversi membri del gruppo direttivo del centro scientifico di competenza; da queste discussioni è emersa la necessità di avere una visione d’insieme sugli studi (svizzeri e internazionali) condotti su questa questione. Una delle ragioni evocate, infatti, era proprio il fatto che alcuni degli attori coinvolti scegliessero selettivamente alcuni studi per giustificare le loro prese di posizione a favore o a sfavore dell’insegnamento precoce delle lingue straniere. Esistono diverse ragioni e fattori a favore di un insegnamento precoce delle lingue straniere. L’insegnamento precoce di una seconda lingua nazionale, per esempio, trova giustificazione dal punto di vista simbolico e politico. Anche le decisioni prese dai nostri vicini europei per un insegnamento più precoce delle lingue straniere possono giocare un certo ruolo. D’altra parte, una sensibilizzazione precoce alla diversità linguistica può trovare giustificazione in una prospettiva pedagogica o di politica educativa. Spesso si sostiene che un insegnamento più precoce permetta di raggiungere livelli di competenza più elevati alla fine della scolarità obbligatoria. Si sostiene anche che i bambini più piccoli apprendano le lingue più rapidamente, più facilmente o in modo più ludico rispetto ai bambini più grandi. La nostra rassegna tratta esclusivamente degli ultimi due punti di questa lista non esaustiva delle ragioni a favore di un insegnamento precoce delle lingue straniere. Vi discutiamo gli studi empirici esistenti su tale questione. Ovviamente non tutti gli studi menzionati in questa rassegna della letteratura sono equivalenti dal punto di vista della qualità metodologica. Perciò, dato il numero ridotto di ricerche scientifiche esistenti su questo argomento, abbiamo deciso di includerle tutte nella nostra relazione, discutendone le lacune metodologiche laddove necessario. Teniamo a sottolineare che questa rassegna della letteratura non permette di rispondere a tutte le questioni attualmente al centro del dibattito: per esempio, l’apprendimento di due lingue straniere alla scuola dell’obbligo non è stato ancora oggetto di molte ricerche empiriche. Allo stesso modo, la questione della scelta della lingua da insegnare prioritariamente nei cantoni tedeschi non può trovare risposta sulla base degli studi esistenti. Anche la questione di sapere se un approccio didattico innovativo, per esempio maggiormente plurilingue, potrebbe sortire risultati migliori rispetto a un insegnamento tradizionale cade al di fuori del campo di applicazione di questa rassegna (la questione infatti resta ancora ampiamente inesplorata). D’altronde, anche gli effetti sul lungo termine (p. es. passata la scolarità obbligatoria) di un insegnamento precoce delle lingue straniere, o i suoi effetti sulla motivazione degli studenti ad apprendere le lingue straniere, o la sua trasferibilità ad altre lingue, sono ancora poco studiati. La portata effettiva di questa rassegna dunque è relativamente ristretta. Bisogna tuttavia notare che, contrariamente ad altre materie scolastiche, per le quali tale questione non si pone mai, la questione dell’età ideale per cominciare l’insegnamento delle lingue straniere viene dibattuta regolarmente e costituisce un elemento importante della pianificazione delle politiche educative. Allo stesso modo, contrariamente ad altre discipline scolastiche, esiste nell’ambito delle lingue straniere un certo numero di studi scientifici che ha generato dei risultati empirici. Vogliamo sperare quindi che la nostra panoramica di tali risultati possa contribuire a suscitare un dibattito più fattuale e a generare attese ed obiettivi realisti.