Economie d'entreprise - Betriebsökonomie

Impact touristique de l’ouverture du tunnel de base du Lötschberg pour le Haut-Valais

Bétrisey, Jean ; Imboden, Serge (Dir.)

Mémoire de bachelor : Haute Ecole de Gestion & Tourisme, 2010.

Le tunnel du Lötschberg relie les cantons de Berne et du Valais, respectivement de Kandersteg à Goppenstein. Les travaux débutèrent en 1906 et s’achevèrent en 1911. Deux ans plus tard, en 1913, le tunnel fut ouvert à la circulation ferroviaire. Le 6 décembre 1987, le peuple approuva le projet Rail 2000. Le but de Rail 2000 était d’assurer un développement du réseau ferroviaire... Plus

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    Résumé
    Le tunnel du Lötschberg relie les cantons de Berne et du Valais, respectivement de Kandersteg à Goppenstein. Les travaux débutèrent en 1906 et s’achevèrent en 1911. Deux ans plus tard, en 1913, le tunnel fut ouvert à la circulation ferroviaire. Le 6 décembre 1987, le peuple approuva le projet Rail 2000. Le but de Rail 2000 était d’assurer un développement du réseau ferroviaire suisse, visant à proposer des services plus rapides et plus fréquents, adaptés aux besoins des voyageurs du XXIème siècle. Avec ce projet, le peuple suisse vit la naissance des Nouvelles Lignes Ferroviaires à travers les Alpes (NLFA). Le principe des NLFA consiste à percer des tunnels de base. Ces tunnels ont une faible déclivité, ce qui permet aux trains de traverser sous une montagne, à une hauteur beaucoup plus basse que le col de référence. Le tunnel de base du Lötschberg était l’une des priorités de ce projet. Ainsi, 88 ans après la fin des travaux du tunnel du Lötschberg, débuta, en 1994, la construction du tunnel de base du Lötschberg, reliant Frutigen (BE) et Rarogne (VS). Le tunnel de base du Lötschberg a permis des économies de temps considérables. En effet, depuis la gare de Viège, les gains de temps sont impressionnants : 0h43 jusqu’à Berne, 1h07 jusqu’à Zürich et 1h18 jusqu’à Bâle. De plus, tout le canton en profite, puisque depuis Martigny, un gain de 20 minutes est réalisé sur la durée du voyage jusqu’à la capitale fédérale. Au vu de ces durées de trajets fortement diminuées, il était évident que le marché touristique haut-valaisan allait fortement se développer. Par exemple, pour les Zürichois, le Valais se trouve ainsi à égale distance des Grisons, leur destination de prédilection. Les excursionnistes de la région de Berne allaient certainement venir plus souvent et en plus grand nombre découvrir les régions haut-valaisannes. Le marché suisse-alémanique se trouvait donc à proximité du Valais. Les conditions d’ensoleillement et d’enneigement ainsi que la diminution de la durée du voyage confèrent ainsi au Valais un avantage concurrentiel non négligeable. En conséquence, le service du développement économique du canton du Valais a émis le souhait de connaître les impacts du tunnel de base du Lötschberg sur le tourisme pour la région haut-valaisanne. Les différents avis recueillis indiquent que le tourisme se porte mieux depuis que le tunnel de base du Lötschberg est en fonction. Le nombre de passagers dans les trains a doublé en gare de Viège. Les excursionnistes sont de plus en plus nombreux, en villes et en stations. La clientèle suisse, que ce soit en termes d’arrivées ou de nuitées ne cesse d’évoluer. Les différentes lignes des cars postaux sont en constante augmentation depuis 2007, malgré une tendance à la stabilisation pour 2009 / 2010. Le secteur de la construction s’est fortement développé. Ainsi, le Haut-Valais n’a pas ressenti la crise économique au niveau des emplois. La quasi-totalité des personnes interrogées estime que le tunnel représente bel et bien un apport de touristes. Peu importe la saison, l’augmentation est régulière. Les différents acteurs du tourisme haut-valaisan ont très bien saisi l’importance que représente le tunnel, puisqu’ils estiment que 32.37% de leur clientèle voyage en train. Comme le Haut-Valais ne dispose pas d’autoroute, le seul moyen pour y accéder depuis la Suisse-Allemande est de circuler en train. On saisit donc l’importance que relève le tunnel de base du Lötschberg pour le Haut-Valais. De plus, l’ouverture du tunnel a provoqué un désenclavement important pour la région. Aujourd’hui, les capacités maximales du tunnel sont atteintes, puisque les experts estiment que le taux d’occupation du tunnel atteint 93% à 97%. La seule solution est d’aménager le deuxième tube. Malheureusement, le deuxième tube est percé sur deux tiers et aménagé sur un tiers. Les coûts pour l’achèvement complet de cet ouvrage s’élèvent approximativement à : 1.33 milliards . Le problème majeur est que l’achèvement du tunnel de base du Lötschberg n’est pas une priorité pour l’administration et les autorités fédérales. D’un point de vue technique, sa réalisation pourrait avoir lieu seulement en 2030. Si on veut véritablement l’achever, il faut trouver une solution pour le financement, et la trouver le plus vite possible ; ainsi le tunnel pourrait être fonctionnel dès 2022. Quoi qu’il en soit, les avis sont unanimes, que ce soit du côté des acteurs du secteur touristique ou du côté du service cantonal des transports, le tunnel est positif pour la région et il faut le terminer au plus vite.