Faculté des lettres et sciences humaines

Global warming issues are here : Ethnography of a Motionless Relocation in Kivalina, Alaska

Durrer, Patrick ; Fresia, Marion (Dir.) ; Plattet, Patrick (Codir.)

Mémoire de master : Université de Neuchâtel, 2011.

Kivalina est un ancien camp saisonnier Iñupiaq situé sur la côte nord ouest de l’Alaska. Il fut transformé en un village colonial au début du 20ème siècle. Le nombre d’habitants et la taille du village n’ont cessé de grandir depuis. Durant les 20 dernières années, les habitants de Kivalina ont vu leur île s’éroder rapidement. La situation a généré un processus... Plus

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    Résumé
    Kivalina est un ancien camp saisonnier Iñupiaq situé sur la côte nord ouest de l’Alaska. Il fut transformé en un village colonial au début du 20ème siècle. Le nombre d’habitants et la taille du village n’ont cessé de grandir depuis. Durant les 20 dernières années, les habitants de Kivalina ont vu leur île s’éroder rapidement. La situation a généré un processus administratif, politique et d’ingénierie afin de déplacer le village ou une partie de ce dernier vers un lieu à l’abri des risques naturels. Plus qu’un épisode isolé dans l’histoire du village, la relocalisation de Kivalina constitue une chaîne d’événements qui s’étend sur plusieurs générations, marqué par des blocages et des avancements du processus. Du point de vue des discours, notamment médiatiques, le village est en voie d’être déplacé. Par contre, du point de vue de l’analyse des pratiques, la relocalisation du village semble bloquée pour une période indéterminée. En d’autres termes, un projet visant à améliorer la qualité de vie des habitants locaux a généré des effets inattendus, tel que le blocage du processus, la frustration des habitants, ou le manque de volonté de s’investir dans le projet. Cette situation paradoxale peut être décrite grâce à la notion de « motionless relocation » ou relocalisation immobile. Les causes de ce blocage sont à chercher dans la relation entre le personnel des administrations impliqué dans le projet et les activistes de la relocalisation, un groupe composé d’habitants et de dirigeant locaux de Kivalina. Ce travail montre que le changement climatique, souvent pensé comme une cause direct de la relocalisation, vient en fait s’ajouter à des dynamiques locales préexistant le projet actuel de relocalisation. Au final, les habitants de Kivalina sont présentés comme des agents actifs du changement social, plutôt que des individus écrasés par le poids des structures institutionnels.
    Summary
    Kivalina is an old Iñupiaq summer camp located on the southern end of a barrier reef island in Northwest Alaska. The location was transformed into a colonial settlement during the early 1900s. The population and the size of the village have been growing ever since then. For the last two decades, Kivalina residents have been experiencing significant local environmental changes and hazards such as severe erosion of the island. The situation has led to administrative, political, and engineering procedures which aim to relocate the village, or part of it, to a safer place. This process, more than an isolated event in the history of the village, can be seen as a long term chain of events that stretches over the second half of the 20th century. This process has been marked by periods of advances and other ones of blockages. Each generation of relocation activists for the last fifty years had to deal with relocation. On the level of discourses, the relocation is underway, while practices’ analysis shows that the village will remain on its actual location for an unknown period of time. In other words, the planning and the realization of a relocation project designed to improve living standards of Kivalina inhabitants has generated side effects. This paradox can be described as a situation of blockage, which crystalizes various representations of how the relocation should be undertaken. The current situation of the process can be described as a motionless relocation. I argue that the causes of the blockage are to be found in the individual and institutional relationships between the relocation activists composed of Kivalina leaders and residents, and the regional, state, and federal personnel involved in the relocation process. Furthermore, this work shows how climate change often thought to be the direct cause of relocation is in fact adding to existing local realities. At the end, Kivalina residents are not passive recipients of government interventions. They are rather participant actors of change.