Faculté des lettres et sciences humaines

L'envers de l'écriture : figurations de l'indicible dans Le marin de Gibraltar, La douleur, Emily L. et La mer écrite de Marguerite Duras

Tissot, Joane ; Pic, Murielle (Dir.)

Mémoire de master : Université de Neuchâtel, 2010.

La question de l’écriture est centrale chez Marguerite Duras. Avant les histoires que tracent ses livres, avant les thèmes qu’ils abordent, elle privilégie le travail de l’écriture. Dans Écrire, Duras dit d’ailleurs : "Je crois que la personne qui écrit est sans idée de livre, qu’elle a les mains vides, la tête vide, et qu’elle ne connaît de cette aventure du livre... Plus

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    Résumé
    La question de l’écriture est centrale chez Marguerite Duras. Avant les histoires que tracent ses livres, avant les thèmes qu’ils abordent, elle privilégie le travail de l’écriture. Dans Écrire, Duras dit d’ailleurs : "Je crois que la personne qui écrit est sans idée de livre, qu’elle a les mains vides, la tête vide, et qu’elle ne connaît de cette aventure du livre que l’écriture sèche et nue, sans avenir, sans écho, lointaine […]". (Écrire, Paris, Gallimard, 1993, p. 20) Duras rattache dans ce passage et dans bien d’autres, l’aventure du livre à l’écriture et c’est dans cette perspective que ce travail s’est construit. En effet, l’indicible – le manque de nature langagière –, qui est le point de départ de cette étude, renvoie à la langue, au dire et à la possibilité même d’écrire et se présente, en ce sens, comme une clé de lecture pour saisir l’aventure du livre durassien qui est l’écriture. La question de l’indicible chez Duras permet donc d’interroger la mise en œuvre de procédés d’écriture originaux au cœur de l’œuvre durassienne. De fait, l’indicible questionne les possibles de l’écriture et participe à la mise en œuvre d’une écriture singulière ; parce qu’il ne peut être rejoint au risque de disparaître, l’indicible induit un mode de représentation singulier qui caractérise l’œuvre durassienne et que ce travail cherche à mettre au jour : la figuration. Le parcours analytique proposé dans les pages qui suivent s’attache donc à montrer non seulement de quelle manière Duras questionne les possibles de la littérature au travers du prisme de l’indicible, mais aussi comment elle travaille à développer une rhétorique particulière, capable non pas de dépasser l’indicible, mais de lui donner lieu, de le figurer pour mettre au jour finalement l’existence d’un envers de l’écriture.