La maltraitance infantile : face à une suspicion de maltraitance, comment l’infirmier(ère) arrive-t-il(elle) à se décentrer momentanément de ses affects pour offrir une prestation infirmière prenant en compte la singularité de l’enfant et de sa famille ? Et y arrive-t-il(elle) ?

Garcia, Alberto-José

Mémoire de bachelor : Haute Ecole de la Santé La Source, 2010.

Dans les services hospitaliers accueillant des enfants, le rôle de l’infirmière est central. En effet, cette dernière est en contact direct avec l’enfant et sa famille. Ce rôle clef dans la prise en charge multidisciplinaire des situations de maltraitance constitue dans bien des cas le début d’une procédure qui sera longue, où des acteurs différents seront amenés à intervenir.... Plus

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    Résumé
    Dans les services hospitaliers accueillant des enfants, le rôle de l’infirmière est central. En effet, cette dernière est en contact direct avec l’enfant et sa famille. Ce rôle clef dans la prise en charge multidisciplinaire des situations de maltraitance constitue dans bien des cas le début d’une procédure qui sera longue, où des acteurs différents seront amenés à intervenir. Dans les cas de maltraitance avérée, l’enfant est automatiquement séparé du parent maltraitant et ce dernier n’aura pas la possibilité de voir l’enfant dans le service hospitalier. Les soignants ne seront donc pas en contact direct avec ce parent maltraitant. Qu’en est-il lors d’une situation de suspicion de maltraitance ? Et plus précisément qu’en est-il lorsqu’un doute se présente et quand le parent suspecté maltraitant est encore présent ? Les propositions, les besoins et les recommandations identifiés dans les articles analysés mettent en avant divers besoins. Le besoin de supervision est apparu comme indispensable pour pouvoir gérer les situations de suspicion de maltraitance. Le besoin d’aide pour gérer les émotions, quant à lui, apparaît comme primordial et ce pour ne pas laisser l’infirmière et l’équipe livrées à une multitude de sentiments néfastes pouvant les amener jusqu’au burn-out professionnel. Les besoins d’ordre personnel sont aussi identifiés comme importants. Ils passent par une réflexion que toute infirmière devrait faire quant à ses valeurs, représentations et convictions. Le besoin de formation, entrainement et perfectionnement quant à lui apparait comme le besoin principal dans les articles analysés, condition sine qua non dans une situation de maltraitance avérée ou de suspicion. Ces savoirs sont à assimiler aussi bien lors d’une formation initiale d’infirmière que lors d’une formation post-grade par des cours de perfectionnement, des formations sur la maltraitance en général ainsi que sur les aspects législatifs comme par exemple les lois en vigueur dans un pays et les procédures à respecter pour une dénonciation. La plupart des auteurs de cette revue de littérature font état d’un manque de recherches sur la maltraitance. L’auteur met aussi en évidence un manque de recherches sur les sentiments rencontrés par les soignants dans des situations de suspicion de maltraitance ainsi que sur la prise en soins spécifique que le soignant peut apporter dans de telles situations. Ces besoins constituent des pistes qui peuvent s’avérer utiles à l’infirmière pour développer des habiletés spécifiques à son champ de compétences dans le but de mieux pouvoir gérer les situations difficiles et pouvoir travailler avec ses sentiments. Ces besoins constituent aussi des perspectives pour un projet de recherche dans l’avenir.