Faculté des lettres et sciences humaines

Worldwide United. Construire le monde du hardcore

Müller, Alain ; Ghasarian, Christian (Dir.) ; Marcus, George (Codir.) ; Becker, Howard S. (Codir.) ; Debary, Octave (Codir.)

Thèse de doctorat : Université de Neuchâtel, 2010.

Ce travail vise à la compréhension des phénomènes circulatoires qui permettent l’existence globale du hardcore punk. Selon les discours indigènes, qui participent d’un mythe fondateur plus ou moins stable autour duquel s’articulent des définitions plurielles et inexhaustibles de ce qu’est le hardcore punk, et de ce qu’il n’est pas, ce mouvement trouve ses principales origines... Mehr

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    Résumé
    Ce travail vise à la compréhension des phénomènes circulatoires qui permettent l’existence globale du hardcore punk. Selon les discours indigènes, qui participent d’un mythe fondateur plus ou moins stable autour duquel s’articulent des définitions plurielles et inexhaustibles de ce qu’est le hardcore punk, et de ce qu’il n’est pas, ce mouvement trouve ses principales origines dans deux sous-cultures : skinhead et punk. Ainsi, les conventions musicales, esthétiques, idéologiques et philosophiques du hardcore punk, aujourd’hui abrégé hardcore, légitimées par cet héritage, participent de différentes dimensions : une musique électrique et agressive, un discours contestataire et une organisation économique alternative, héritage du punk, d’une part, et une certaine violence virile typique des skinheads, de l’autre. Bien que ce mythe fondateur place l’origine du hardcore sur la côte est des Etats-Unis au début des années 1980, il est aujourd’hui vécu et performé par des milliers de hardcore kids – ainsi qu’ils se nomment eux-mêmes – dans une dimension internationale, et ce d’une manière étonnamment homogène. Mon enquête ethnographique, qui repose à la fois sur une approche multisituée, engagée notamment au Japon, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Belgique, en Suède et en Suisse et sur un travail de tracking des trajectoires des acteurs humains et non humains qui participent à la coproduction de l’existence globale du hardcore, permet de mieux visualiser la forme et le fonctionnement de ce réseau. Celui-ci se caractérise par une intense circulation de personnes (groupes musicaux en tournée mais aussi voyageurs "indépendants") et d’objets matériels (diques, vidéos et DVDs, journaux et ouvrages indigènes, vêtements à l’effigie des groupes, etc.) au travers de lignes de flux multidirectionnels reliant les différents noeuds que constituent les lieux où le hardcore se vit et se construit (salles de concert, points de rencontre, etc). Afin d’en proposer une représentation modélisée, je me sers de la notion deleuzienne de "rhizome" comme outil heuristique.