Travail social

Travail du sexe : coexistence entre police et institutions socio-sanitaires

Reymond, Joséphine ; Palazzo-Crettol, Clothilde (Dir.)

Mémoire de diplôme HES : Haute Ecole de Travail Social, 2010.

Ce mémoire traite de la coexistence entre deux catégories de professionnel-le-s aux valeurs et aux repères normatifs à première vue très dissemblables, les policiers et les travailleuses sociales . Dans ce travail de recherche, j’ai voulu m’intéresser à des professionnel-le-s qui ont à traiter quotidiennement avec des personnes travaillant dans les métiers du sexe et de comprendre... Plus

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    Résumé
    Ce mémoire traite de la coexistence entre deux catégories de professionnel-le-s aux valeurs et aux repères normatifs à première vue très dissemblables, les policiers et les travailleuses sociales . Dans ce travail de recherche, j’ai voulu m’intéresser à des professionnel-le-s qui ont à traiter quotidiennement avec des personnes travaillant dans les métiers du sexe et de comprendre comment ils-elles collaborent entre eux-elles. La prostitution fait partie de notre société suisse depuis longtemps. Pour certain-e-s, les femmes et les hommes qui travaillent dans ce domaine sont des victimes. Pour d’autres, il s’agit d’une activité rémunérée, certes stigmatisante, mais choisie par les personnes l’exerçant. Les avis divergent et les vérités sont multiples, c’est pourquoi à travers ce travail de recherche, j’ai voulu explorer plus en profondeur un sujet qui ne laisse rarement personne indifférent-e. Actuellement à Lausanne, la prostitution de rue est pratiquée en grande partie par des personnes sans statut légal. En cas d’agression grave sur les travailleuses du sexe en situation d’irrégularité, la police et les institutions socio-sanitaires ont conclu un accord visant à respecter leur statut de victime en premier lieu. La problématique de l’absence de permis de séjour étant, dans un premier temps, considérée comme secondaire par la police. Toutefois, les bonnes volontés des professionnel-le-s se heurtent à nos lois touchant cette thématique. Les lois en lien avec cette problématique seront donc présentées, ainsi que leurs conséquences pour les plus fragiles de nos migrant-e-s, les personnes en situation d’irrégularité, victimes d’agressions. Lorsque cela arrive, une bonne collaboration entre policiers et travailleuses sociales est alors nécessaire. Qu’est-ce qui influence cette collaboration ? C’est là ma question de recherche. La construction sociale différenciée des hommes et des femmes est une première hypothèse de compréhension. La seconde étant que la particularité de la problématique peut influencer la collaboration entre professionnel-le-s. La dernière hypothèse s’inscrit dans l’influence des valeurs différentielles des policiers et des travailleuses sociales sur le processus de collaboration. Dans ce mémoire, je proposerai également un état des lieux des structures socio-sanitaires existant en Suisse Romande. De cette recherche est ressorti le constat de la validation de ces trois hypothèses. Cependant, j’ai pu relever que malgré des valeurs qui peuvent parfois s’entrechoquer, le respect mutuel entre les différent-e-s professionnel-le-s présent-e-s sur le terrain permet une collaboration-coexistence fructueuse entre les policiers et les travailleuses sociales. Enfin, après analyse des entretiens et du cadre théorique, des pistes d’actions sont apparues telles qu’une formation spécifique aux rapports sociaux de sexe et aux problématiques touchant ce thème. De même, une professionnalisation des travailleuses sociales pourrait s’avérer utile, même si cela implique une augmentation des moyens financiers à disposition des associations socio-sanitaires. Par professionnalisation, il s’agirait de permettre de salarier les nombreuses bénévoles, qui travaillent actuellement dans ces structures. Cela leur offrirait des possibilités de formation afin d’être plus efficace sur le terrain. Finalement, il faudrait pouvoir donner un statut légal aux travailleuses du sexe en situation d’irrégularité, victimes de délits. Une régularisation leur permettraient ainsi, de rester en Suisse le temps du procès et de pouvoir percevoir le versement des indemnités.