Faculté de droit

Hostes humani generis : les pirates vus par le droit

Garibian, Sévane

In: Revue Critique, 2008, vol. 733-734, no. juin-juillet, p. 470-479

A mille lieues de l’image fantasmée et romantique des héros de la littérature et du cinéma, l’image du pirate véhiculée par le droit est terrifiante. Hoste humani generis, celui-ci est à l’origine de la première infraction internationale coutumière, engendrant une responsabilité internationale des personnes privées : la piraterie maritime, dont l’élément déterminant... Plus

Ajouter à la liste personnelle
    Résumé
    A mille lieues de l’image fantasmée et romantique des héros de la littérature et du cinéma, l’image du pirate véhiculée par le droit est terrifiante. Hoste humani generis, celui-ci est à l’origine de la première infraction internationale coutumière, engendrant une responsabilité internationale des personnes privées : la piraterie maritime, dont l’élément déterminant reste jusqu’au début du XXe siècle « l’esprit de lucre ». Son extension à l’univers aérien force ensuite les Etats à prendre en considération la dimension politique inhérente à la conception moderne de la piraterie, comme variante du terrorisme international. L’image stigmatisée des pirates de la première heure n’en est que plus d’actualité, et l’association pirates (de l’air) / terroristes / « ennemis du genre humain » pour le moins réactivée par le choc des attentats du 11 septembre 2001. On se souvient de l’acuité de la controverse suscitée par la question de savoir si de tels actes peuvent et/ou doivent être qualifiés de crimes contre l’humanité. Si de certains « pirates » aux criminels contre l’humanité il n’y aurait peut être qu’un pas, encore faut-il qu’il soit souhaitable de le franchir.
    Summary
    Far from the fantasized and romantic image of the heroes found in litterature and cinema, the image of the pirate in the law is terrifying. Hoste humani generis, the pirate is at the origin of the first customary international offense creating an international responsibility of individuals: maritime piracy. Much later, the modern conception of piracy (air piracy), and its inherent political dimension, made it become a variant of international terrorism. More recently, “September 11, 2001” reactivated strongly the association between hijakers / terrorists / ”ennemies of the mankind” (or “ennemies of the human race”) and gave birth to a vivid debate: is “9/11” a crime against humanity?