Faculté des lettres et sciences humaines

Le vaccin anti-HPV, "un bon outil pour la tâche"? : Etude de l'implantation de la vaccination préventive du cancer du col de l'utérus dans le canton de Vaud

Bühler Viredaz, Nolwenn ; Lavanchy, Anne (Dir.)

Mémoire de master : Université de Neuchâtel, 2010.

Cette étude a pour objectif d’identifier et d’analyser les moyens discursifs et pratiques permettant de construire le vaccin anti-HPV comme un « bon outil pour la tâche » (Clarke et Fujimura, 1996) dans le cadre de l’implantation de la vaccination dans le canton de Vaud durant l’année scolaire 2008-2009. Elle s’inscrit dans les courants interdisciplinaires des études genre et des... Plus

Ajouter à la liste personnelle
    Résumé
    Cette étude a pour objectif d’identifier et d’analyser les moyens discursifs et pratiques permettant de construire le vaccin anti-HPV comme un « bon outil pour la tâche » (Clarke et Fujimura, 1996) dans le cadre de l’implantation de la vaccination dans le canton de Vaud durant l’année scolaire 2008-2009. Elle s’inscrit dans les courants interdisciplinaires des études genre et des études sociales des sciences et de la médecine. Elle est basée principalement sur l’analyse de deux types de discours. La majeure partie du matériel analysé provient d’entretiens semi-directifs de type qualitatif menés auprès de médecins – expert-e-s, praticien-ne-s et responsables de santé publique – ainsi que d’infirmières scolaires, engagé-e-s dans la mise en place de la vaccination. D’autres sources écrites, telles que documents de santé publique, articles de la presse romande et articles médicaux et scientifiques viennent alimenter et enrichir l’analyse. Le travail est structuré en trois parties, chacune abordant l’un des pôles s’articulant autour du vaccin : une maladie, une campagne et une population. L’analyse permet de montrer qu’en rendant le vaccin anti-HPV gratuit et accessible au plus grand nombre (chapitre 3), cet outil répond à un devoir de santé publique qui est de protéger le bien collectif avec les moyens existants et d’éviter la reproduction d’inégalités socio-économiques. Cependant, ceci n’est rendu possible qu’en construisant la tâche du vaccin comme celle de sauver les jeunes filles (chapitre 4) – considérées comme les victimes innocentes de leurs fragilités biologiques et de la « qualité de leur partenaire », c’est-à-dire du passé sexuel de ces derniers – d’une maladie – le cancer du col de l’utérus – construite comme menace sanitaire importante et risque mortel très présent dans leur vie (chapitre 2). L’analyse permet également de montrer que la tâche du vaccin est reconfigurée selon les intérêts locaux, institutionnels et professionnels, des médecins et infirmières engagé-e-s dans la promotion de la vaccination, qui malgré leurs critiques considèrent cette vaccination comme l’opportunité de bien faire leur travail en accord avec leurs valeurs professionnelles. L’assignation de l’outil à une tâche hautement valorisée, ainsi que la reconfiguration locale de cette tâche par les professionnel-le-s sont les deux éléments principaux permettant de stabiliser le vaccin comme « un bon outil ».