Faculté des lettres et sciences humaines

La dénomination des personnes et la construction identitaire : le cas des prénoms kurdes en Turquie

Akin, Salih

In: Bulletin VALS-ASLA, 2004, vol. 80, p. 27-38

Le mécanisme de dénomination des personnes joue un rôle fondamental dans la structuration des sociétés. Il permet de signifier l’appartenance d’une personne à une ou plusieurs entités sociales, familiales, lignagères ou professionnelles, de donner à chacun la possibilité d’y affirmer sa singularité et de la faire reconnaitre, de marquer un rôle social ou une position... Plus

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    Résumé
    Le mécanisme de dénomination des personnes joue un rôle fondamental dans la structuration des sociétés. Il permet de signifier l’appartenance d’une personne à une ou plusieurs entités sociales, familiales, lignagères ou professionnelles, de donner à chacun la possibilité d’y affirmer sa singularité et de la faire reconnaitre, de marquer un rôle social ou une position hiérarchique. Dans bien des situations, il fait référence à une histoire généalogique, parfois ancienne, et à une aire géographique d’origine. Le contexte kurde en Turquie constitue un cas exemplaire pour l’étude des investissements identitaires dans les prénoms. Ceux-ci se présentent comme le versant langagier d’un combat identitaire où s’affrontent la volonté individuelle d’identification et les contraintes officielles. En effet, l’attribution des prénoms typiquement kurdes reste encore interdite en Turquie ; plusieurs procès sont en cours contre les parents qui ont osé donner à leurs enfants de tels prénoms. Un corpus constitué de ces prénoms interdits et objets de poursuites judiciaires fournit la base d’une analyse à partir de laquelle seront examinées à la fois les stratégies des construction identitaire qui y sont à l’oeuvre et la nature des poursuites judiciaires engagées contre les familles.