Mobility habits of the cross border commuters in Geneva : who uses public transport ?

Kouti, Rhyem ; Ramirez, José

Ce papier présente les résultats d’un sondage réalisé au printemps 2007 auprès d’une population d’environ 600 pendulaires dont une très large majorité sont des frontaliers actifs sur le marché du travail du canton de Genève, et ce afin de pouvoir décrire leurs habitudes de déplacement lorsqu’ils se rendent à leur lieu de travail. Les informations récoltées nous permettent... Plus

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    Résumé
    Ce papier présente les résultats d’un sondage réalisé au printemps 2007 auprès d’une population d’environ 600 pendulaires dont une très large majorité sont des frontaliers actifs sur le marché du travail du canton de Genève, et ce afin de pouvoir décrire leurs habitudes de déplacement lorsqu’ils se rendent à leur lieu de travail. Les informations récoltées nous permettent d’identifier et de tester certaines hypothèses quant au comportement d’une population qui a quasiment doublé entre 2002 (entrée en vigueur des bilatérales) et fin 2008. Genève étant le centre d’une agglomération (franco-valdo-genevoise) dont la démographie en termes de population et d’emploi de ces dernières années est la plus élevée des régions et cantons de France et de Suisse. Sans surprise, la voiture est le principal mode de transport utilisé. Malgré un réseau de transports publics genevois dense et de qualité, connecté aux réseaux des transports publics de l’Ain et de la Haute Savoie, les frontaliers n’utilisent ceux-ci que de manière minime, avec toutefois une différence marquée entre les hommes et les femmes. Plus étonnant, seule une part minime des frontaliers utilise le système de « park & ride » (P+R) : 4% chez les hommes contre 10% chez les femmes. Le tableau ci-dessous résume les principaux résultats obtenus par le biais d’une analyse économétrique. Il montre l’impact marginal de chacune des variables considérées sur la probabilité (propension) à utiliser les transports publics comme principal moyen de transport pour se rendre à son lieu de travail. Nos résultats montrent : • que les femmes utilisent plus fréquemment les transports publics que les hommes : +10% à parité d’autres choses) ; • le fait d’être à moins de 30 minutes en voiture de son lieu de travail diminue la probabilité d’utiliser les transports publics de 24.5% ; • alors que le fait de ne pas avoir à faire de changement ou un seul au maximum lorsque l’on utilise les transports publics augmente la probabilité d’utiliser ces derniers de 48.7% ; • les frontaliers provenant du département de l’Ain ont une propension à utiliser les transports publics qui est 16.3% plus élevée que celle des frontaliers ayant habitant en Haute Savoie. D’autre part, les transports publics ne peuvent être considérés comme un bien normal pour les frontaliers actifs à Genève : l’effet négatif du revenu salarial sur leur propension à utiliser les transports publics s’explique en partie par le fait que tout accroissement de leur salaire accroît de fait leur probabilité d’avoir une voiture (ou plus) dans le ménage. De manière générale, on observe également que la satisfaction vis-à-vis des transports publics (en termes de prix, de fréquences et d’aires desservies) accroît considérablement la probabilité d’utiliser ces derniers. C’est donc essentiellement par un accroissement de la qualité du réseau des transports publics (fréquences, aires desservies) que l’on peut diminuer l’effet négatif de la croissance du revenu (moyen) des frontaliers sur leur propension à utiliser les transports publics pour se rendre à leur lieu de travail.
    Summary
    This paper describes mobility habits of cross border commuters and its determinants in the canton of Geneva, with special emphasis on the the use of public transports. At least one fifth of Geneva’s labour force is composed by cross border workers coming from France. Our first findings show that the car is the main mean of transport used to go to work by this population. The main point is that, even though the canton of Geneva has a relatively good network of public transport, its use by cross border commuters remains minimal. Moreover, the “park & ride” system, combining car and public transport is used only by a very little proportion of cross borders. The propensity to use the car increases as the distance from home to work decreases, while the propensity to use public transport decreases significantly when people have to do more tan one change. Our estimations clearly suggest that men are less likely to use public transport, and that public transport cannot be considered as a normal good for cross border commuters.